Alice Guy-Blaché, la première femme metteur en scène (La Cité 1957)


Après nos posts en septembre sur ces femmes pionnières du cinéma, Marie Epstein puis Alla Nazimova, il nous paraissait indispensable de continuer cette série avec la première d’entre elles : Alice Guy-Blaché.

En effet, secrétaire de Léon Gaumont, elle assista à la toute première projection des frères Lumière à Paris, celle du 22 mars 1895. La première, elle compris que l’invention du cinématographe était trop belle pour continuer à filmer des instantanées de la vie et qu’elle pouvait également servir à raconter des histoires.

Seul Méliès, en même temps qu’elle,  l’avait compris aussi.

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Ainsi, Alice Guy allait tourner pour Léon Gaumont son premier film de fiction en 1896 (ou plus vraisemblablement en 1902, cf l’article de Vincent Pinel dans la revue Jeune Cinéma de février 2018), le fameux La Fée aux choux. Ce titre est trompeur car l’original est Sage-femme de première classe, alors que La Fée aux choux  date de 1900 selon le catalogue Gaumont consulté par Vincent Pinel, et dont le descriptif ne correspond pas au film d’Alice Guy. Par contre, dans le catalogue Gaumont de 1902, on trouve bien un film de quatre minutes sous l’appellation « La naissance des enfants » puis Sage-femme de première classe  dont l’argument reprend celui du film d’Alice Guy.

Néanmoins, si le doute subsiste quant à la date exacte de sa réalisation, 1896 ou 1902, cela ne change rien au fait que Alice Guy-Blaché est bien la première femme metteur en scène de cinéma.

Elle en réalisera plus de 200 jusqu’en 1907 date à laquelle elle part aux U.S.A suivre son mari, Herbert Blaché, et formera sa propre société de production à Fort Lee (le Hollywood de la côte Est) : Solax.

Entre temps, elle a embauché comme collaborateur pour Gaumont des futurs réalisateurs importants dont Louis Feuillade. Mais elle a également tourné plus d’une centaine de phonoscènes, cet ancêtre du cinéma sonore.

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Pour la Solax, elle réalisera ou produira plusieurs centaines de films avant que l’hégémonie d’Hollywood, dans les années vingt, provoque la ruine des indépendants dont la Solax. Divorcée, elle revint en France dans les années vingt où tout le monde l’a oublié. Elle repart donc en Amérique poursuivre sa vie loin d’une industrie qui n’a que faire des perdants. Pendant longtemps l’histoire officielle du cinéma l’aura oublié, il faut dire que beaucoup de ses films étaient considérés perdus.

Curieusement, c’est à l’étranger que l’aura d’Alice Guy-Blaché perdurera comme en témoigne la récompense prestigieuse, le Lifetime Achievement Award » de la Directors Guild of America Awards que lui remit à titre posthume Martin Scorsese en 2011. En France, à part une place dans le 14° arrondissement…

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Signalons que lors du dernier festival de Cannes a été présenté dans la section Cannes Classic : Be Natural, the untold story of Alice Guy Blaché un documentaire de Pamela Green avec Jodie Foster et produit (entre autres) par Robert Redford. Pas de sortie en France prévu pour l’instant.

En France, au printemps dernier est passé à la télévision (sur France 3) le beau documentaire d’Emmanuelle GaumeElle s’appelle Alice Guy, adapté de son livre Alice Guy, la première femme cinéaste de l’histoire (Plon).

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Cette année, était le 50° anniversaire de la mort de la première femme metteur en scène au monde, décédé le 24 mars 1968, 73 ans presque jour pour jour après avoir assisté à cette première projection des frères Lumière qui allait bouleverser sa vie.

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Ses mémoires, sorti en 1976, épuisé depuis longtemps viennent d’être réédités. Ils sont disponibles à cette adresse sur Facebook.

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Nous avons fouillé dans les arcanes de Gallica sans trouver d’articles véritablement intéressant sur sa carrière à part ceux-ci parus dans 1957 dans La Cité et les Nouvelles Littéraires, auquel nous avons ajouté un rare article de 1933, paru dans Le Temps, dans lequel Alice Guy-Blaché revendique d’être la « première femme metteur en scène ».

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A suivre…

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D.R.

Alice Guy-Blaché, la première femme metteur en scène

paru dans La Cité daté de septembre 1957

paru dans La Cité daté de septembre 1957

paru dans La Cité daté de septembre 1957

— Vous êtes bien jeune, mademoiselle, pour occuper un poste aussi important.
Ne craignez rien, monsieur, cela me passera ! 

Telle fut la répartie que M. Léon Gaumont, alors fondé de pouvoirs du Comptoir General de Photographie, recevait à bout portant un beau jour de 1894. Son interlocutrice était une frêle jeune fille de dix-neuf ans, au regard décidé, qui briguait la place de secrétaire du patron. Elle s’appelait Alice Guy. Elle fut engagée.

Deux ans plus tard, Gaumont, ayant racheté le Comptoir, s’intéresse au cinématographe naissant. Les frères Lumière l’ont invite en mars 1895, ainsi que sa bouillante petite secrétaire, à la fameuse séance de la Société de Photographie ou ils présentent le premier film : « La sortie des Usines Lumiere ». Gaumont a depuis construit ses propres appareils. Ses opérateurs et ceux des Lumière (qui arrêteront leur exploitation en 1898) mitraillent à la ronde les scènes de la rue : arrivées de trains, defiles militaires, etc… Le premier émerveillement passé, cela devient monotone.
La petite Alice Guy, qui a l’ esprit vif, declare à son patron :

II faudrait tourner des petits sketches, avec costumes, mise en scene, etc… 
— Bonne idée, répond Gaumont. Occupez-vous en donc. Ce cinématographe est tout a fait du travail pour jeune fille !

Alice Guy avise une plate-forme goudronnée à ciel ouvert en bordure des ateliers Gaumont, mobilise les services d’un peintre en éventails qui habite dans le voisinage, écrit un scénario, trouve des acteurs bénévoles, s’adjoint un opérateur, plante un decor en carton découpé et peint. Et en route ! Voila le premier film à scenario tourné aux ateliers Gaumont : « La fée aux choux ».
II a 30 mètres et la pellicule 60 mm de large. Nous sommes en 1896. La Française Alice Guy vient de prendre date pour se classer premiere femme metteur en scène du monde.

Interrogée sur son titre, bien des années après, par le fils, de son ancien patron, M. Louis Gaumont, elle lui écrit :

« … Je pense que les Lumière, avec L’arroseur arrosé, sont les premiers metteurs en scène ; je ne revendique que le titre de première femme metteur en scène, auquel je fus seule, pendant 17 ans, à avoir droit ».

paru dans Franc Tireur du 14.06.1957

paru dans Franc Tireur du 14.06.1957

Pendant les années qui suivent La fée aux choux, Alice Guy met en scène pour la maison Gaumont plus de cent films. De ceux-ci il ne reste malheureusement que les titres des catalogues, des photos et quelques fragments, dont ceux d’une Passion qui fut en France l’oeuvre la plus importante et la plus grave d’Alice Guy et que l’on vient de retrouver en Allemagne.

II est probable que l’intérêt que suscitent dans le public, enfin averti, l’étonnante carrière et la personnalité d’Alice Guy, va contribuer à faire sortir ses films de leurs poudreuses cachettes.  Alice Guy, metteur en scene chez Gaumont, voyait ses films inscrits au catalogue de la maison. Ils n’étaient que rarement présentés au public sous son nom, exception faite de cette Passion, film de 800 mètres, avec 21 decors et une vaste figuration, dont elle possède encore toutes les photos.

Devenue prématurément veuve en 1922, elle rentra en France après avoir liquide son studio de New-Jersey, mais le monde du cinema se montra peu enclin à faire place à cette revenante. Brisée par la perte de son mari et le bouleversement de sa vie, Alice Guy-Blaché ne pensa plus qu’à élever ses enfants. En femme de devoir simple et courageuse, elle rentra dans l’obscurité que tout le monde semblait si bien s’accorder à lui laisser en partage.

Elle en sort aujourd’hui avec un peu d’étonnement. Charmante vieille dame qui a gardé toute sa vivacité d’esprit, elle habite un sixième ensoleille non loin de l’Opera. La Cinémathèque Française a fêté récemment ses 85 printemps. Au cours de la reception donnée en son honneur, M. Louis Gaumont a pris la parole pour dire ce que fut son oeuvre. Elle n’a pas aujourd’hui de plus zélé champion que le fils de son ancien patron.

Demandez un jour dans un club de cinema de quand date le premier film parlant. Alice Guy-Blaché peut vous répondre, car c’est elle qui l’a tourné en 1902. Cela s’appelait dans ce temps-là des « phono-scènes » : on enregistrait d’abord la voix sur rouleau de cire, puis le phonographe étant synchronisé avec la caméra, on procédait à l’adaptation des gestes sur les paroles : procédé  inverse de celui du doublage actuel. II existe une magnifique photo à contre-jour montrant, au fond, sur une scene éclairée par des projecteurs à arc, la cantatrice Rose Caron jouant une scène de Mignon, tandis qu’on distingue en ombre chinoise l’immense pavillon d’un phonographe à rouleau et une camera entre lesquels se dresse, toute mince, l’intrépide petite silhouette d’Alice Guy, réglant la mise en scene.

Ah ! nous dit Alice Guy-Blaché en nous montrant sa collection unique de photographies, les artistes de ce temps-là avaient la fierté de la conscience professionnelle ! Un jour, Rose Caron, pendant qu’elle jouait une scène de Mignon déjà enregistrée, posait le pied sur un charbon incandescent qui avait sauté d’une lampe à arc. Souffrant horriblement, elle joua la scène jusqu’à la fin et s’évanouit. Si je m’en étais aperçue, j’aurais fait interrompre la prise de vues, mais elle n’avait pas voulu, « pour si peu », dit-elle, nous faire recommencer le travail.

Alice Guy a mis en scene et dirigé, tantôt seule, tantôt avec des assistants qu’elle choisissait elle-même, une centaine de ces « chronophones » parmi lesquels plusieurs opéra-comiques et opérettes, et des chanteurs comiques comme Mayol, Dranem, Polin.

Le comique faisait prime à l’époque dans ces courtes bandes que Pathé et Gaumont produisaient à la douzaine et les artistes « sérieux » y regardaient à deux fois avant de se commettre avec la nouvelle invention. Caruso, pressenti, accepta, puis se ravisa. C’était le temps où le cinema connaissait de beaux jours dans les baraques foraines et Alice Guy-Blaché, dont les films comiques étaient fort appréciés, a là-dessus de bien pittoresques souvenirs qu’elle racontera, nous l’espérons, dans les mémoires qu’elle est en train d’écrire et dont un éditeur avise ne tardera certainement  pas à s’emparer.

Loin de se terminer avec son mariage en 1907, la carrière d’Alice Guy devenue Mme Blaché, prenait un nouvel essor. Son mari ayant été nomme agent de la maison Gaumont aux Etats-Unis, qu’allait faire cette dynamique petite femme de son temps et de ses energies disponibles ? C’est bien simple : elle fit construire son propre studio à Fort Lee, dans le New-Jersey, non loin de New-York, et se mit à tourner des films.

Scénariste et metteur en scène, et de plus propriétaire de la firme Solax Co qu’elle a fondée, elle réalise jusqu’en 1918 environ deux cents films dont un grand nombre de titres nous ont été conservés. Elle y dirige les vedettes de l’époque : Bessie Love, Julia Moore, Dolores Costello, Nazimova, Olga Petrova, Ethel Barrymore, Tom Mix. Son mari, à la fin de son contrat avec Gaumont, vient se joindre à elle. Alice Guy-Blaché est bien connue à cette époque dans tout le monde du cinema américain : elle est en relations amicales avec Griffith. Elle lutte dur au milieu des intrigues et des embûches qui commencent à se dresser sous les pas des pionniers avec la naissance des grandes compagnies. Pendant dix-huit mois la Metro a vécu de la production de la Solax. Ses autres films étaient distribués par la First Nation, aujourd’hui reprise par Warner, la World Pathé, etc…

Puis vient l’intrusion des grandes combinaisons financières dans l’industrie du cinema, le commencement de l’exode vers la Californie et la naissance d’Hollywood, la mort d’Herbert Blaché… La courageuse petite veuve se sent trop désarmée : elle abandonne la partie, elle rentre en France, en France où elle a tant fait pour le cinema et où on ne veut plus d’elle…

Et tombe le rideau de l’oubli tandis que disparaît définitivement pour le cinema « l’âge de l’innocence ».


Soixante ans après ses débuts, la doyenne des auteurs de films évoque  :

La Préhistoire du Cinéma

paru dans Les Nouvelles Littéraires du 24 janvier 1957

paru dans Les Nouvelles Littéraires du 24 janvier 1957

paru dans Les Nouvelles Littéraires du 24 janvier 1957

1895

Le Comptoir général de photographie, qui occupe le rez-de-chaussée et plusieurs étages de l’immeuble faisant le coin des rues Saint-Roch et Gomboust (57 rue Saint-Roch, 75001 Paris. NDLR), est dirigé par un homme jeune, actif et entreprenant Léon Gaumont. Cette homme a une toute jeune secrétaire à qui, avant de l’engager, il a dit :

— Vous êtes bien jeune pour l’emploi que je vous destine.

Mais Alice Guy a répondu en souriant :
Soyez sans crainte, monsieur, cela me passera ! 

1957

Dans un petit appartement d’un grand hôtel de l’avenue de l’Opéra, menu, alerte, cheveux de neige, yeux pétillants d’intelligence et de malice, Mme Blaché évoque pour Les Nouvelles Littéraires quelque-uns des souvenirs que lui ont laissés les soixante-deux années écoulées depuis l’instant où Alice Guy tirait avec tant de désinvolture cette traite sur l’avenir.

Quelque temps plus tard, Mr Gaumont fut invité par ses amis Louis et Auguste Lumière à une séance qu’ils donnaient à la Société d’encouragement à l’industrie nationale pour y présenter l’une de leurs inventions. Il m’emmena et c’est ainsi que je fus parmi les privilégiés qui, le 22 mars 1895, assistèrent à la première projection du premier film : La Sortie des Usines Lumière. Dans le même temps, Mr Gaumont, qui s’intéressait au problème des images animées, avait entrepris la construction d’un appareil dénommé « Bioscope », inventé par un collaborateur de Marey, Georges Demény, appareil qu’il abandonna bientôt au profit du « Chronophotographe » avec lequel il commença à enregistrer des petites bandes.

— Et cela se passait en… ?

Aux débuts de 1896.

Exactement comme celles des frères Lumière des scènes de la rue, un train en marche, le défilé d’un régiment, et c’était Mr Gaumont qui tournait la manivelle de l’appareil. C’était très gentil, mais il me sembla bien vite qu’on pouvait faire autre chose. M’armant de tout mon courage, je demandait donc à mon patron de m’autoriser à faire jouer par des camarades de petites saynètes que j’aurais imaginées et que j’enregistrerais. Il accueillit favorablement cette idée : — à condition toutefois que cela n’empiète pas sur votre travail, précisa-t-il. C’est ainsi que dans un terrain vague entourant les ateliers de la maison, devant un drap peint par un peintre éventailliste du voisinage, je tournai mon premier film.  

La Fée aux choux ! Toutes les histoires du cinéma en parlent. Quelle est la date de cette naissance ?

Fin du printemps, début de l’été 1896.

— Et après La Fée aux Choux, vous avez tournée Les Méfaits d’une tête de veau ?

Mais non, réplique vivement Mme Alice Guy-Blaché. De 1896 à 1907 j’ai fais des douzaines de films, mais l’auteur des Méfaits d’une tête de veau n’est autre que Zecca qui, avant de devenir le grand homme de Charles Pathé, travailla pour Gaumont.

« En 1907, Mr Gaumont m’envoya à Berlin pour organiser la succursale qu’il venait d’ouvrir et d’où je gagnai l’Amérique pour suivre mon mari, Herbert Blaché, à qui Mr Gaumont avait confié la représentation de sa maison aux U.S.A.

paru dans Les Nouvelles Littéraires du 24 janvier 1957

paru dans Les Nouvelles Littéraires du 24 janvier 1957

C’est ainsi que, de l’autre côté de l’Atlantique, la jeune femme recommença à faire des films pour la Solax Co qu’elle avait créé et dont la Metro, la Fox et autres Paramount assuraient la distribution. Deux cent films de 1909 à 1924, dans les génériques desquels figuraient les noms des plus grandes vedettes de l’époque, mais dont les opérateurs étaient deux français : Guichard et Georges Benoit, et le décorateur, un autre français, Ménessier.

Y a-t-il dans l’histoire du cinéma américain un autre étranger ayant eu une activité aussi longue, aussi régulière que cette française ?

Cette française qui fut la « première femme metteur en scène du monde », titre auquel s’ajoute actuellement celui de « doyen des auteurs de films ».

René Jeanne


Comme nous l’avons écrit au début de ce post, nous n’avons trouvé que ce seul article pertinent sur Alice Guy-Blaché. En réponse à un encart dans lequel le quotidien Le  Temps écrivait que « la première metteur en scène » était Germaine Dulac, elle leur écrivit, en 1933 donc, pour revendiquer ce droit.

Les femmes metteurs en scène

paru dans Le Temps du 30 septembre 1933

paru dans Le Temps du 30 septembre 1933

paru dans Le Temps du 30 septembre 1933

Dans le Courrier de l’Ecran, la semaine dernière, le Temps a parlé des femmes qui se sont occupées de la mise en scène cinématographique et nous avions, de bonne foi, cité l’actuelle directrice de France-Actualités, Mme Germaine Dulac, comme ayant été chez nous la première animatrice de films. Ce faisant, nous nous souvenions des bandes par elle tournées en 1914, en 1915, par exemple « Les sœurs ennemies », avec Suzanne Després ; « Jô, le mystérieux », avec Jacques Grétillat ; « Vénus Victrix », avec Stacia Napierkowska, avant d’en arriver à des œuvres artistes  qui ont nom « La Fête espagnole » et « La Souciante Mme Beudet », celles-là plus récentes, non publiées. Mme Alice Blaché proteste et revendique pour elle le titre: de « première femme metteur en scène », dans une longue lettre, au Temps adressée et où il est dit notamment :

« De 1897 à 1907, j’ai dirigé la production de la maison Gaumont, ayant sous mes ordres, comme collaborateurs, des artistes de talent tels que Feuillade, Jasset, etc. Mon nom était alors Alice Guy. »

Devenue, par son mariage, Mme Alice Blaché, notre correspondante nous informe qu’elle a reçu médailles, diplômes et les palmes académiques comme directrice de théâtre, « l’expression de metteur en scène n’étant pas encore consacrée », qu’elle a continué à produire en Amérique, y lançant des étoiles et s’efforçant de n’employer dans son studio et ses laboratoires que des Français.

De tout cela, qui n’est ni mince travail, ni demi-mérite, donnons acte, titre et date à Mme Alice Blaché,

Au nom de Mrs Dorothy Arzner, que nous avions citée parmi les premières réalisatrices de films, en Amérique, Mme Alice Blaché veut bien ajouter celui de Mrs Smally. Voici donc un peu plus complète notre documentation sur cette nouvelle branche ouverte à l’activité féminine: la mise en scène de cinéma.

Non signé mais vraisemblablement de Jean-Louis Croze.

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Voici l’article ou plutôt l’encart publié dans Le Temps qui a fait réagir Alice Guy-Blaché pour la mise au point ci-dessus. Il fût publié le 23 septembre 1930.

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Alice Guy en 1963 (D.R.)

Alice Guy en 1963 (D.R.)

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Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et plus particulièrement ce dossier de presse.

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Pour en savoir plus :

Le tout premier site sur Alice-Guy-Blaché (malheureusement plus actualisé depuis 2008 !) avec de nombreux documents.

Le blog de la Société des amis d’Alice Guy.

Le site d’Alison McMahan autour de son livre Alice Guy Blaché, Lost Visionary of the Cinema (Bloomsbury, 2002) avec notamment une chronologie détaillée de la carrière d’Alice Guy-Blaché.

« Alice Guy, la pionnière oubliée » un article publié dans Les Echos en mai 2018.

Le bel article « Alice Guy : elle a tout inventé, on l’a tous oubliée » par Alice Langlois sur le blog Marcel et Simone.

« Le jardin oublié – La vie et l’oeuvre d’Alice Guy-Blaché » de Marquise Lepage (1995).

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Sur le site de l’INA en 1976, « Qui est Alice Guy? » une évocation de la cinéaste Alice GUY par Hermine Karagheuz.

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La Fée aux Choux, le premier film de Alice Guy-Blaché.

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Sage Femme De Première Classe d’Alice Guy-Blaché (1902).

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The Consequences of Feminism (les résultats du féminisme) d’Alice Guy-Blaché (1906)

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Dranem dans l’une des nombreuses photoscenes , l’ancêtre du cinéma parlant et du clip vidéo, réalisés par Alice Guy-Blaché, en 1905 !

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Martin Scorcese honore Alice Guy-Blaché en 2011 de la récompense « Lifetime Achievement Award » de la Directors Guild of America Awards (à partir de 1’40).

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