Une Conférence de René Clair + Entr’acte (1924)


Nous avons déjà rendu hommage à René Clair, l’un des plus grands cinéastes français avec notamment cette conférence restée célèbre de 1927 :

« Le Cinématographe contre l’Esprit » par René Clair (Cinémagazine 1927)

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Cette fois-ci, nous avons pris le prétexte de la rétrospective René Clair à la Cinémathèque française (du 10 avril au 9 mai 2019) pour remettre le réalisateur de Sous les toits de Paris à l’honneur. D’autant plus que la Fondation Pathé programme ses deux premiers films (Paris qui dort et Entr’acte ) dans son nouveau cycle : Les origines populaires du cinéma d’avant-garde (jusqu’au 30 avril 2019).

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La conférence, que nous vous proposons aujourd’hui, a été donné pour le ciné-club des Amis du Cinéma, créé par Jean Pascal, le directeur de Cinémagazine, le jeudi 20 novembre 1924. Cette conférence, qui précéda la projection de son premier film Paris qui dort, est l’occasion pour le jeune René Clair (26 ans à l’époque) de mettre en garde ses contemporains car ils ne sont qu’à « l’époque  « moyen-âgeuse » du cinéma ». Il leur demande de ne pas être « trop impatient » et d’attendre, voire plutôt de préparer la « Renaissance ». Et de finir par ces mots : « Nous avons encore beaucoup d’erreurs à commettre ».

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Cette conférence est le prolongement d’un article qu’il publia dans Comoedia un mois auparavant dont le titre est explicite : « Le cinéma n’est pas encore un art ».

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Puis, nous avons ajouté plusieurs articles sur le second film de René Clair, qui détonna à sa sortie, justement à la fin de cette même année 1924 : Entr’acte.

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Entr’acte est un film qui a été conçu pour être projeté lors du ballet dadaiste, Relâche, de Jean Börlin et Francis Picabia au Théâtre des Champs-Élysées, par les Ballets suédois. Il fit scandale notamment pour sa séquence de la course du corbillard. Dans la distribution, figure également Man Ray et Marcel Duchamp mais aussi Darius Milhaud, Kiki de MontparnasseGeorges Auric.

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Nous avons retrouvé des articles paru dans Le Figaro, l’Intransigeant, et bien sûr dans Comoedia dont un entretien avec Francis Picabia et René Clair (à lire ici), une critique d’Entr’acte par Jean-Louis Croze, ainsi qu’un autre article de Croze dans lequel René Clair lui reproche de mettre en avance sa jeunesse parmi d’autres jeunes futurs réalisateurs prometteurs.

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Entr’acte est projeté à la Fondation Pathé le mardi 23 avril et Paris qui dort (dans une version restaurée 4K) le samedi 27 avril dans le cadre du cycle : Les origines populaires du cinéma d’avant-garde.

Plus de renseignements sur leur site ici et .

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Bonne lecture !

 

paru dans Cinémagazine du 14 novembre 1924

paru dans Cinémagazine du 14 novembre 1924

Une conférence de René Clair

paru dans Cinémagazine du 5 Décembre 1924

paru dans Cinémagazine du 5 Décembre 1924

paru dans Cinémagazine du 5 Décembre 1924

Conférence de Monsieur René Clair Faite à la séance des  » Amis du Cinéma  » donnée le 20 Novembre dans la grande salle des Fêtes du « Journal ». 

Mesdames, Messieurs,
Je parle à des Amis du Cinéma. S’il est exact que les amis de nos amis soient nos amis, je parle à mes amis. L’amitié permet la franchise. J’avouerai donc franchement que je ne sais pas ce que c’est que le cinéma. Je croyais le savoir, autrefois, quand j’étais spectateur. Aujourd’hui, je n’en sais plus rien.

Par contre, je crois apprendre chaque jour ce que le cinéma n’est pas, ne doit pas être. Il ne doit pas être, comme vous savez, un parent pauvre de la littérature, du théâtre ou de la peinture. Il ne doit pas être ce qu’il est dans le plus grand nombre des films. Il doit grandir, dégagé, de la tutelle étouffante des arts.

L’erreur a été de décider trop tôt que le cinéma était un art. Si on ne l’avait traité que comme une industrie, l’art lui-même y aurait gagné. Les automobiles modernes auraient-elles pris leurs belles formes longues si les constructeurs avaient pensé à les charger d’ornements de carrosse avant de penser à les faire marcher vite ? La routine de nos jugements s’est plu à retrouver, dans les films, les poncifs des arts. Le désir du succès facile a poussé la plupart des réalisateurs à s’inspirer d’une esthétique « Clair de lune de Werther ». Il aurait été aussi néfaste de penser au « Sacre du Printemps ». C’est seulement en soi que le cinéma trouvera « le lieu et la formule ».

Aucune innovation artistique n’est pour le cinéma aussi intéressante qu’un quelconque progrès industriel. « Il y a quarante mille salles de cinéma au monde… Le plus grand studio est long de trois cents mètres… » Voilà qui est digne d’intérêt et qui prépare l’avenir ! Avant tout, il faut que le cinéma vive. L’art viendra tout seul, c’est le chien de Jean de Nivelle.

Mais, direz-vous, il ne suffit pas de savoir ce que le cinéma ne doit pas être. Le réalisateur d’un film n’accomplit pas une œuvre négative. Chaque image enregistrée par lui est une affirmation, chaque prise de vue dépend de sa conception du cinéma. Que peuvent donc être ses directives si cette conception est, pour lui-même, si imprécise ?

paru dans Cinémagazine du 5 Décembre 1924

paru dans Cinémagazine du 5 Décembre 1924

A vrai dire, l’absence de toute certitude à ce sujet ne me semble pas une entrave pour un réalisateur. Au contraire. Si nous voulons nous rappeler chaque jour que le cinéma est à peine parvenu à l’époque secondaire, qu’il avance chaque jour vers un avenir imprévisible, nous nous sentons entraînés par lui, et notre ignorance, loin de nous peser, nous libère. Toutes les recherches nous sont permises ; tous les espoirs aussi. Rien de ce que nous faisons n’a d’importance définitive. Notre seul orgueil est de contribuer obscurément au développement de cette grande chose inconnue. Le cinéma est uniquement consacré au présent. II est destiné à perdre les traces de son passé tant que la pellicule sera chose mortelle. Et c’est peut-être un bonheur. Un art sans expérience, sans musée, sera singulièrement vivant, souple, attaché à l’humanité, comme lui passagère, et prêt à tout avenir.

L’an dernier nous avons pu voir, au cours d’une séance de projection rétrospective, quelques films tournés avant 1910.
La vue de certains de ces films — dramatiques et qui firent peut-être pleurer
à cette époque — amusa les spectateurs de 1923, mieux que ne l’aurait fait un excellent comique. Les gestes, les expressions, les décors, la technique, tout semblait drôle au plus haut point. Peut-on affirmer que les films que nous voyons aujourd’hui ne sembleront pas ridicules au public de 1944 ?

Sans aller si loin, je crois sincèrement que dans quelque dix ans, nous ne pourrons plus voir sur l’écran, sans impatience ou sans sourires, ces dialogues muets de deux visages dont les lèvres s’agitent vainement et qui attendent le secours des sous-titres.

Pourtant tous les réalisateurs, je ne m’excepte pas, tournent ces sortes de scènes parce qu’ils n’ont pas encore trouvé le moyen de s’exprimer autrement. Mais comment l’avenir les jugera-t-il ?

Ne demandons pas trop au cinéma.
Certes,
L’Opinion Publique de Chaplin, Premier Amour de Charles Ray, nous prouvent que, par exemple, le cinéma psychologique peut exister. Mais, pour deux œuvres de cette valeur, combien voyons nous de mauvais scénarios, à prétentions psychologiques, illustrés de mauvaises images ?

S’il est une esthétique du cinéma, elle a été découverte en même temps que l’appareil de prise de vues et le film en France, par les frères Lumière. Elle se résume en un mot : « mouvement ».

Mouvement extérieur des objets perçus par l’œil, auquel nous ajouterons aujourd’hui le mouvement intérieur de l’action. De l’union de ces deux mouvements peut naître ce dont on parle tant et ce que l’on perçoit si peu souvent : le rythme.

paru dans Cinémagazine du 5 Décembre 1924

paru dans Cinémagazine du 5 Décembre 1924

Quand les frères Lumière ont voulu démontrer la valeur de leur merveilleuse invention, ils n’ont pas présenté sur l’écran un paysage mort ou un dialogue entre deux personnages muets ; ils nous ont donné L’Arrivée du train, Une charge de cuirassiers et cet Arroseur arrosé qui fut le père du film comique. Si nous voulons que le cinéma croisse en force, respectons cette tradition oubliée, revenons à cette source.

Le film que vous allez voir tout à l’heure a été conçu dans un esprit de réaction contre les tendances pseudo-artistiques du cinéma moderne. C’est une histoire simple, un conte pour les enfants de l’âge de la télégraphie sans fil. Vous y trouverez peu de recherches techniques, peu de gros plans. Les acteurs n’y ont à exprimer presque aucun sentiment personnel. Ils sont tous soumis au mouvement de l’action. L’action elle-même est fondée sur l’immobilité et le mouvement. J’ai voulu, par là, revenir à la base, faire une sorte de démonstration par l’absurde de la valeur des images animées.

Au reste, tout cela — influencé par les nécessités commerciales, affaibli par des lacunes de réalisation sur lesquelles je ne puis m’étendre — n’a qu’une valeur d’essai. J’espère sincèrement ne faire longtemps encore que des essais. Le cinéma est une chose encore trop imparfaite pour s’arrêter à une forme, pour connaître des règles précises. Charlie Chaplin, le seul maître incontestable de l’écran, cherche encore et ne se satisfait pas de ses premières formules. Aussi loin de lui que nous soyons, car il nous devance tous de plusieurs années, ne perdons pas de vue son exemple.

Chaque jour, au cours de mon travail, j’admire la merveille qu’est un appareil de prise de vues, je m’étonne de l’invention du cinéma comme si elle venait d’être faite.

Combien de films exécutons-nous dignes de cette machine qui, au rythme de seize images par seconde, donne la vie aux ombres ? Pendant de nombreuses années, des hommes ont cherché à résoudre le problème des images animées. Ils ont travaillé ; leur esprit curieux a fait mille tentatives. Nous qui n’avons qu’à utiliser leur découverte, nous devons être emplis de ce même esprit de curiosité, nous ne devons pas nous contenter de succès faciles. Un film ne compte pas. Dix films ne comptent pas. Ce qui compte, c’est l’effort, c’est la recherche, c’est ce qui reste à découvrir.

Nous sommes à l’époque « moyen-âgeuse » du cinéma. Attendons, préparons la Renaissance. Mais ne soyons pas trop impatients. Nous avons encore beaucoup d’erreurs à commettre.

Au public de les comprendre et de nous les pardonner.

RENE CLAIR

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Pour vous éclairer sur cette conférence de René Clair, nous avons retrouvé cet article qu’il fit paraître un peu plus d’un mois plus tôt dans le quotidien Comoedia dont le titre est explicite et qui préfigure les propos de cette conférence.

 

« Le cinéma n’est pas encore un art » par René Clair

paru dans Comoedia du 17 Octobre 1924

paru dans Comoedia du 17 Octobre 1924

paru dans Comoedia du 17 Octobre 1924

Depuis « L’Arroseur arrosé »

Que le cinéma ait été créé pour enregistrer le mouvement, voilà qui n’est guère contestable et voilà pourtant ce que l’on semble trop oublier. La principale tâche de la génération actuelle devrait être de ramener le cinéma vers ses origines et, pour cela, le débarrasser de tout le faux art qui l’étouffe.

L’erreur a été de décider trop tôt que le cinéma était un art. Si on ne l’avait traité que comme une industrie, l’art lui-même y aurait gagné. Les automobiles modernes auraient-elles pris leurs belles formes longues si les constructeurs avaient pensé à les charger d’ornements de carrosse avant de penser à les faire marcher vite ? La routine de nos jugements s’est plu à retrouver dans les films les poncifs des arts. Le désir du succès facile a poussé la plupart des réalisateurs à s’inspirer d’une esthétique « Clair de lune de Werther ». Il aurait été aussi néfaste de penser au « Sacre du printemps ». C’est seulement en soi que le cinéma trouvera « le lieu et la formule ».

Aucune innovation artistique n’est pour le cinéma aussi intéressante qu’un quelconque progrès industriel. « Il y a quarante mille salles de cinéma au monde. Le plus grand studio est long de trois cents mètres. » Voilà qui est digne d’intérêt et qui prépare l’avenir ! Avant tout, il faut que le cinéma vive.

L’art viendra, tout seul, c’est le chien de Jean Nivelle.

C’est pourquoi nous aimerions que le réalisateur d’un film ne se défendît pas d’une certaine humilité. Tout ce qu’il peut faire est encore si loin de ce qui peut être et si rarement digne de cet instrument admirable qu’est un appareil de prise de vues ! Le cinéma n’est pas encore un art parce que l’œuvre cinématographique est le fruit d’une collaboration nombreuse. Artistes, opérateurs, développeurs, machinistes, électriciens et surtout éditeurs et directeurs collaborent d’une manière utile ou nuisible à l’œuvre du réalisateur.

Où l’art trouvera-t-il sa place ? Je pense qu’il ne faut plus songer à l’art, ni l’appeler à grands cris. Il faut se maintenir dans un état de disponibilité parfaite et se souvenir des origines du cinéma, avant l’intrusion fâcheuse du « film d’art ».

J’ai tenté de renouer avec ces origines dans Paris qui dort (appelé par ses éditeurs Le Rayon diabolique) et dans Le Fantôme du Moulin-Rouge, que mes collaborateurs et moi achevons, en ce moment. Sans négliger l’enrichissement considérable de la technique, il m’a semblé possible de faire, comme au début du cinéma, des films dont les scénarios sont directement écrits pour l’écran et utilisent quelques-unes des ressources propres à l’appareil de prise de vues.

Je pense que le sujet d’un film doit être, avant tout, un thème visuel. Paris qui dort a pour thème l’opposition de l’immobilité et du mouvement, et Le Fantôme du Moulin-Rouge est une histoire fantastique basée sur la surimpression, merveilleux moyen d’expression grâce auquel la réalité se fond dans le rêve.

Le public verra ces films cette saison sans doute. J’attends de l’accueil qu’il leur fera un utile enseignement.

S’il est une esthétique du cinéma, elle a été découverte en même temps que l’appareil de prise de vues et le film en France, par les frères Lumière. Elle se résume en un mot : « mouvement ». Mouvement extérieur des objets perçus par l’œil, auquel nous ajouterons aujourd’hui le mouvement intérieur de l’action. De l’union de ces deux mouvements peut naître ce dont on parle tant et ce que l’on perçoit si peu souvent : le rythme.

Quand les frères Lumière ont voulu démontrer la valeur de leur merveilleuse invention, ils n’ont pas présenté sur l’écran un paysage mort ou un dialogue entre deux personnages muets : ils nous ont donné L’arrivée d’un train, Une Charge de cuirassiers et cet Arroseur arrosé qui fut le père du film comique. Si nous voulons que le cinéma croisse en force, respectons cette tradition oubliée, revenons à cette source.

René Clair

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A l’automne 1924, René Clair participe à un événement artistique qui fera date la présentation au Théâtre des Champs-Elysées du ballet de Francis Picabia (Relâche) au milieu duquel est projeté son film : Entr’acte.

Voici quelques articles d’époque à propos de cette soirée.

paru dans Le Petit Parisien du 24 novembre 1924

paru dans Le Petit Parisien du 24 novembre 1924

Critique de Relâche par André Messager.

paru dans Le Figaro du 9 décembre 1924

paru dans Le Figaro du 9 décembre 1924

paru dans Le Figaro du 9 décembre 1924

THEATRE DES CHAMPS-ELYSÉES – Relâche

ballet instantanéiste en 3 actes, 1 entr’acte cinématographique et la Queue du chien, de M. Francis Picabia, musique de M. Erik Satie, film réalisé par M. René Clair.

J’ai tenu à transcrire tout au long le titre de M. Francis Picabia, ce titre constituant à peu près, la seul originalité (s’il en est une) de Relâche.

Quand on l’a lu, ainsi que la notice insérée dans le programme, on est tout à fait fixé sur les intentions de l’auteur, en même temps que sur son impuissance à les réaliser.

Le but, c’est d’effaroucher, disons le mot : « d’épater » le public, de l’amener par des moyens quelconques à l’exaspération qui occasionne les protestations dans la salle, et bâtir là-dessus une sorte de succès. Mais encore faut-il y réussir et ce ne fut pas le cas hier soir.

Le film de M. René Clair, répètent les effets de ralentis, d’accélérés, de silhouettes à l’envers que nous connaissons de longue date, contient quelques parties amusantes, mais pas plus que les films américains comiques qui se déroulent depuis des années dans tous les cinémas.

Quant au reste, je veux dire le ballet, sauf quelques effets de lumière combinés pour crever les yeux des spectateurs, il est d’une insignifiance lamentable. Où est l’invention ? La nouveauté ? Nous devions sortir de là sidérés ou abrutis. Ni l’un ni l’autre.

Parlant du public ? M. Picabia écrit :
« J’aime mieux les entendre crier qu’applaudir. » Quelques amis dévoués ont applaudi, personne n’a crié. Il y a longtemps que M. Picabia a coupé la queue de son chien ; s’il l’a raccourci hier, personne ne s’en est aperçu.

Un petit fait m’a paru résumer cette exhibition. Les auteurs avaient jugé bon de venir à la chute du rideau saluer en scène en conduisant une, automobile. Ça, c’était nouveau ! Ça, ce n’était pas bourgeois ! Oui, mais l’automobile a refusé de se mettre en marche et il a fallu la pousser jusqu’à l’avant-scène. Cette automobile, représente assez bien le public : lui aussi a refusé de marcher, il n’a même pas voulu se laisser pousser et s’est retiré bien tranquillement avec l’impression d’avoir assisté à un feu d’artifice mouillé dont les pétards avaient fait long feu.

Je reconnais un certain courage à M. Erik Satie d’avoir écrit sur ce scénario de la musique à laquelle personne ne prête la moindre attention. Il arrive, de temps à autre, aux oreilles, quelques bribes de thèmes populaires que M. Satie qualifie d’évocations et qui n’évoquent rien du tout. Ce sont, tout bonnement, des braves motifs de chansons qui ne sont pas spécialement désignés plutôt que d’autres pour accompagner ce qui se passe sur le théâtre et qui ne m’ont pas paru frappé personne.

Le reste se passe presque exclusivement entre les musiciens de la batterie, grosse caisse et tambour qui font preuve d’une endurance remarquable, mais n’ont pas réussi à exaspérer les auditeurs, comme on l’espérait.

Soirée bien terne, en résumé, et comme toutes ces farces sont démodées !

André Messager

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Critique d’Entr’acte par Boisyvon

paru dans L’Intransigeant du 20 décembre 1924

paru dans L'Intransigeant du 20 décembre 1924

paru dans L’Intransigeant du 20 décembre 1924

On nous montrait Entr’acte, le film que M. René Clair a composé d’un scénario de Picabia et de sa fantaisie. Le public du Théâtre des Champs-Elysées n’offrait pas l’exemple touchant d’une admiration sans réserve. On sifflait quelque part, on applaudissait ailleurs.

Peut-être n’avez-vous pas vu Entracte.
Il est donc utile que vous en ayez une idée. Pas de sous-titre. L’écran nous montre tout de suite des maisons qui se présentent à l’envers, une danseuse vue par dessous — entendez par là, que la partie la plus apparente de sa personne est la plante de ses pieds — et Jean Borlin qui chasse des œufs sur le toit d’un gratte-ciel. Jean Borlin se tue ou est tué, du moins il est légitime de le supposer puisqu’on voit son enterrement. Le corbillard est traîné par un chameau et conduit par un garçon de recettes, Et voilà que le corbillard, qui avance d’abord très lentement, dévale sur une pente, traînant à sa suite le cortège affolé. La vitesse augmente, tout ce qui peut donner une idée de vertige est enregistré par l’objectif, truquages, montagnes russes, tout est bon, et quand le mouvement du film ne peut être accéléré, cela se termine par une sorte d’explosion. Le cercueil s’ouvre et Jean Borlin, bien vivant, apparaît.

Oui, j’entends bien. Pour admettre le badinage autour d’un cercueil, il faut être libéré de bien des conventions sociales, mais vraiment, qui donc pourrait prendre au sérieux ce corbillard traîné par un chameau ?

Ce film est un cauchemar poétique, et savez-vous ce qui le rend sympathique ? C’est qu’il est fait sans prétention , Je serais désolé que M. René Clair et M. Picabia eussent voulu nous prouver quelque chose. Leur petit Entr’acte perdrait beaucoup de son ingénuité. Tel qu’il est, il nous donne précisément, cette sorte de poème complet en soi que nous demandons aux compositeurs de films. J’y vois pour ma part un titre : Vitesse, et il n’a pas besoin d’être expliqué davantage. Ne cherchons pas dans ces essais autre chose que des impressions.

Le cinéma a droit à cette forme d’art. Je sais que ce mot « art » va faire beaucoup de peine à M. René Clair et à M. Picabia, puisqu’ils nient l’art au cinéma, mais j’emploie les mots que je connais et qui me semblent exacts.

Boisyvon

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Entretien avec Francis Picabia et René Clair par André-L. Daven

paru dans Comoedia du 31 Octobre 1924

paru dans Comoedia du 31 Octobre 1924

paru dans Comoedia du 31 Octobre 1924

Le Cheval enseigne – « Entracte »

Francis Picabia vient au cinéma.

Celui qui, fut le fondateur du mouvement dada va galoper dans l’arène des images mouvantes et nous verrons bientôt le résultat de sa première course.

« Entracte », cheval enseigne, arrivera premier au poteau du champ de course du cinématographe moderne. On l’y crucifiera peut-être. Cela, d’ailleurs, vaut beaucoup mieux. On ne crucifie que les apôtres, puis, tout compte, fait, on les sanctifie. Le cinéma, le jeune, celui qui compte, les Epstein, les René Clair, celui qui vit les efforts de Delluc, se réjouit de l’arrivée de Picabia.

J’étais curieux de le voir. Il m’a reçu loin de Paris, dans une petite villa très calme.

Seules les couleurs font du bruit. Une centaine d’oiseaux des îles dorment, les chiens nombreux se taisent. Puis son atelier, lui assis dans un fauteuil. Tout le monde a deux yeux, Picabia aussi, mais ça n’est pas la même chose. On dirait un mécanisme vissé dans une bombe: sa tête. Quand il parle, ça éclate. Ça ne fait pas de mal, mais ça assassine les préjugés. C’est toujours ça de gagné.

Dans un coin de l’atelier, un gramophone hurle des chansons nègres sur des rythmes dadaïstes. Picabia ne dit rien, moi non plus.

La chanson terminée, il affirme :

Le cinéma actuel ne m’intéresse pas : calendriers, cartes postales, Henry Bordeaux, psychologie surranée d’André Gide, souhaits du nouvel an, spéculations sentimentales pour adolescents maladifs ou vierges contrefaites ! Pas intéressant.

« Ce que j’aime, c’est la course à travers le désert, les savanes, les chevaux en nage. Le cow-boy qui entre par les fenêtres du bar-saloon, l’éclatement des vitres, le verre de whisky vidé à angle droit dans un gosier rude et les deux brownings braqués sur le traître ; tout cela rythmé comme un galop accompagné de claquements de fouet, de jurons et de coups de revolver.

« Ou alors l’image en liberté, l’image valeur intrinsèque, bondissant dans l’écran ; c’est ce que nous avons essayé de faire pour les Ballets suédois qui vont, dans Relâche, ballet d’Erik Satie et de moi, intercaler un film réalisé par René Clair intitulé : Entracte. »

A ce moment précis, entrée de René Clair, de Rolf de Maré et de Jean Borlin dans l’atelier de Picabia.

paru dans Comoedia du 31 Octobre 1924

paru dans Comoedia du 31 Octobre 1924

René Clair me dit :

Ce n’est pas mon film, c’est notre « essai » de film. Rolf de Maré, passionné de tout ce qui est moderne, nous a permis de réaliser Entracte. Je ne vous dirai pas de quoi il s’agit. Il n’y a pas une action suivie, mais une foule d’actions qui représentent la vie vue sous un angle spécial.

« Vous ne comprenez pas ? Ça ne fait rien. A l’écran, il ne devrait y avoir aucune convention, aucun préjugé, tout est inutile qui n’est pas vie. Sous-titres, présentations de personnages, tout cela devrait être, supprimé. On y arrivera. Ce qu’il y a dans Entracte ? Vous insistez ? Je vais vous citer un passage d’un livre de Jean Epstein :

« Il n’y a pas d’histoires. Il n’y a jamais eu d’histoires. Il n’y a que des situations sans queue ni tête, sans commencement, sans milieu et sans fin, sans endroit et sans envers ; on peut les regarder dans tous les sens, la droite devient la gauche ; sans limites de passé ou l’avenir, elles sont le présent. »

« Voilà ce qu’est Entracte, interprété par Jan Borlin.

« Vous dites qu’on sifflera ? Tant mieux ! interrompt brutalement Picabia, j’aime mieux les’entendre crier qu’applaudir. »

Entr’acte. — Le mien. — Je sors fumer une cigarette.

André-L. Daven

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Critique d’Entr’acte par Jean-Louis Croze

paru dans Comoedia du 5 Décembre 1924

paru dans Comoedia du 5 Décembre 1924

paru dans Comoedia du 5 Décembre 1924

« ENTR’ACTE »

Film de MM. Picabia et René Clair

Ce n’est pas la première fois qu’au milieu d’un spectacle, composé de gens en chair et en os, parlant, chantant ou ballant, l’écran apparaît, soudain peuplé de muettes images dont la musique dessine ou atténue les lignes, augmente, enjolive ou fond les expressions.

Cette expérience déjà vieille, cette variété dans la sensation et le plaisir ne m’avaient jamais semblé aussi neuves, aussi brutales.

J’en devrais être ahuri, révolté comme devant une fantaisie outrancière, un spécimen d’extravagante folie. Eh ! bien, je m’y fais.

La chose en mon esprit se classe et je vais tenter de cataloguer sous ma plume l’essai auquel on m’a soumis. C’est du cinéma à ne pas faire pratiquer par tout le monde. La généralisation du procédé risquerait de fausser le présent et l’avenir de l’art muet.

Me voici maintenant à l’aise en ce qui concerne le scénario, il n’y en a pas, ou plutôt il y en a mille, à peine rêvés, à peine entrevus, vaguement imaginés ! Donc pas d’action, mais que de mouvement. Pas de thème, ni de leitmotiv, mais que de diversions, sans trop de dissonances ! C’est le film Picabia, compris, épousé par René Clair, de telle sorte qu’on se demande quel est celui qui l’a conçu, quel est celui qui l’a réalisé. Il faut bien que le premier de ces artistes ait pensé cinématographiquement pour que le second ait saisi au vol — cette même pensée et l’ait réalisée — au vol — sur le blanc carré de toile où d’ordinaire s’éclipse moins vite la lumière, où jamais mieux le rayon, l’onde plutôt, multiple, inattendue ne courut. A virtuose, virtuose et demi. Qu’ont-ils donc joué, qu’ont-ils donc parié, les deux partenaires ?

Ils ont voulu nous donner un échantillon — un appel et un rappel — de la vie telle qu’un cerveau indépendant, je ne dis pas déséquilibré, la conçoit et pourrait la vivre, par fractions, en un jour, en un an, en réalité comme en songe, pour s’amuser ou bien pour oublier. C’est le film express, le film vertige, donnant, comme le disait Picabia lui-même, une impression d’instantanéité auquel ne manque point cependant le frein, en l’espèce l’emploi du ralenti.

Ce que l’on voit ? Une danseuse, ou plutôt son tutu avec les jambes qu’il gaine, pas si étroitement toutefois que ne s’analysent à nos yeux le jeu des muscles, l’harmonie du rythme et de la chair. Voici des loueurs d’échecs ; puis des cheminées s’entrecroisent et forment une valse de maisons à l’envers.

paru dans Comoedia du 5 Décembre 1924

paru dans Comoedia du 5 Décembre 1924

Enfin, voici le morceau de résistance — excusez-moi, j’allais écrire le mot épisode — voici l’enterrement le plus fol, le plus vrai peut-être auquel on puisse assister. Les morts ne vont pas toujours vite. Au départ, le chameau qui traîne le corbillard indique l’allure et la foule des parents et amis, l’air éploré, l’aspect figé, ignore quelle randonnée s’apprête à leur insu. Crac ! Le char a pris le galop ; il mène la charge par monts et par vaux jusqu’au moment où il se débarrasse d’elle (la charge). Lors du cercueil surgit, une baguette à la main, un prestidigitateur qui escamote, volatilise les coureurs essoufflés, puis se suicide en se passant sa baguette à travers le corps.

Tout cela ne vous semble pas net ? Parce que vous, vous n’avez pas vu le film, une merveille technique ! Songez que celui qui l’a réalisé — le mot prend ici une valeur considérable — n’a pas 25 ans. Son Paris qui dort, et Le Fantôme du Moulin Rouge vont le mettre au premier rang des cinéastes français. Il a réussi dans Entr’acte de véritables prodiges. Si vous ignorez le délire et les délices de la vitesse, goûtez-les, jusqu’au frisson et à l’hallucination du 200 à l’heure… dans un fauteuil.

René Clair n’est pas seulement un virtuose, c’est aussi un homme d’esprit, satirique et fin tour à tour. Cet Entr’acte, à la confection duquel ont en commun procédé l’original Picabia et le non moins original Re Clair a une valeur bien supérieure à celle de tel ou tel film gai, plus « ample comédie aux cent actes divers ». Par là, M. Rolf de Maré corsera l’attrait d’un spectacle déjà neuf et curieux. Entr’acte a le musicien qu’il fallait et dont le talent si moderne et si hardi soutient et complète l’oeuvre filmée : Erik Satie. Il sait se mettre à la page et sa partition suit, précède ou retarde la marche — funèbre ou joyeuse — des cent et quelques actions habillées du double rythme de l’image et de la mélodie. Eh ! oui, il y en a !

M. Jean Borlin joue le prestidigitateur avec humour et fantaisie. Mlle I. Friis anime de sa plastique et de sa grâce la partie chorégraphique tandis que MM. Marcel Duchamp et Man Ray se montrent leurs adroits partenaires. Une mention, plus qu’honorable, très élogieuse à M. Jimmy Berliet, l’opérateur qui tourne Entr’acte.

Verrons-nous, dans un cinéma du boulevard, une fois le cycle suédois parcouru au Théâtre des Champs-Elysées le film de René Clair ? Il faut le souhaiter.

J.-L. Croze

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Pour finir ce long post, voici le droit de réponse que René Clair a exigé de Comoedia suite à un article de J-L Croze à propos des jeunes cinéastes (que nous avons également reproduit ensuite), article qui fût publié plusieurs mois avant.

Toujours les jeunes !

paru dans Comoedia Dimanche 27 Avril 1924

paru dans Comoedia Dimanche 27 Avril 1924

paru dans Comoedia Dimanche 27 Avril 1924

Toujours les jeunes !

Quelle idée m’a pris de toucher aux commençants, de les louer à propos de leurs essais et de leur dire mon espoir dans leur production future. En 24 heures, une lettre, un pneumatique et une visite m’ont prouvé que j’aurais mieux fait de me taire.

La lettre, je la garde pour une comparaison d’écritures, car mon correspondant n’a pas daigné mettre un nom sous sa diatribe.

Quant au, pneumatique, son auteur, M. René Clair a craint un moment d’avoir à invoquer le droit de réponse pour être assurer de se lire dans Comœdia, son post-scriptum en fait foi, mais ma courtoisie confraternelle répond à l’appel qui m’est adressé.

J’ai lu votre article indulgent sur la jeunesse « audacieuse, turbulente, etc. ». Je suis sensible à votre amabilité, mais j’aurais préféré que mon nom ne fût pas cité à cette occasion.

En effet, je ne crois pas qu’on puisse me reprocher d’avoir fréquemment fait valoir mon âge. Ceux qui se vantent de leur jeunesse me semblent aussi vains que ceux qui se targuent de leur expérience. Vous savez aussi bien que moi que, seule, importe la jeunesse d’esprit.

Ce qui m’étonne, c’est que vous portiez un jugement sur mon film et que vous le compariez à d’autres. Vous dites qu’il ne laisse « qu’à peine deviner une prochaine maîtrise » mais qu’il est « curieux, noble et prometteur ». Permettez-moi de n’accepter ni cette comparaison, ni cette aimable restriction, ni ces qualificatifs flatteurs.

Personne, en effet, ne peut parler de mon film puisque M. H. Diamant-Berger, son « producer », ne l’a pas encore projeté.

Quand vous l’aurez vu, vous le jugerez, si bon vous semble, et je m’inclinerai devant votre jugement.

René Clair

Après avoir vu travailler Jacques de Baroncelli, M. René Clair a estimé qu’il pouvait mettre la main à la pâte. Avec une énergie, une ténacité remarquables, il a fait un film, mais il n’entend nullement que l’on formule aujourd’hui, la moindre appréciation, même bienveillante, sur son oeuvre, avant présentation. En effet, j’ai eu tort de croire sorti un film que son producer Henri
Diamant-Berger n’a pas sorti. Mais on a tellement, il y a quelques mois, parlé de cette bande avec éloges, reproduit tant de photographies montrant le jeune réalisateur et ses interprètes sur la Tour Eiffel que j’ai eu des idées de grandeur pour le metteur en scène et ai joint à ceux de Pierre Caron, Jacques Dorval, Emilien Champetier et Jean Epstein, qui ont fait leurs preuves, le nom de M René Clair, clerc encore.

Je m’excuse de l’avoir appelé « prochain maître », mais j’étais et demeure de bonne foi. L’optimisme à record des autres ne me réussit pas.

J.-L. Croze

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Voici l’article de Jean-Louis Croze, auquel fait référence René Clair. Il fût publié la veille ! dans Comoedia le 26 avril 1924 !

paru dans Comoedia du 26 avril 1924

paru dans Comoedia du 26 avril 1924

Les Jeunes

François Coppée, président d’un de nos banquets de La Plume (T’en souviens-tu, Rambosson ?) préféra mettre en sonnet son toast. J’en retrouverais assez vite le texte, si besoin était, mais je n’en veux rappeler que le derniers vers :
Je bois à la jeunesse, elle a toujours raison !

Des tonnerres d’applaudissements saluèrent cette chute. La majorité des convives, sur qui elle tombait avait de 20 à 25 ans. Aujourd’hui où l’âge me blanchit en attendant de me glacer —dernière opération à laquelle les faux cols résistent mieux que les hommes — je nourris pour mes cadets une indulgence pareille à celle dont François Coppée usait envers nous. Volontiers je donne raison à la jeunesse audacieuse, turbulente, à la condition que la générosité, l’intelligence inspirent ses actes et qu’un bien, un progrès ou la simple originalité en marque le résultat.

Or, le cinématographe, jeune lui-même mais déjà immortel, a tenté de nombre adolescents qui se sont, avec plus ou moins d’aptitudes et plus ou moins de bonheur, appliqués à la mise en scène. M. Pierre Caron, M. Jacques Dorval, M. René Clair ont produit des films de valeur différente, essais ne laissant qu’à peine deviner une prochaine maîtrise, mais curieux, nobles et prometteurs. J’allais oublier M. Emilien Champetier, un des plus adroits au travail, ceux qui donnent les meilleures espérances

M. Jean Epstein est allé plus loin et plus haut. Il a marché vite. L’auteur de Cœurs fidèles devra se garder, au moment où le public le connaît, l’apprécie et va le classer, de l’orgueil que peut engendrer une fortune rapide et que sont toujours trop enclins à favoriser des thuriféraires prodigues d’encens, donc de fumée.
Tout récemment, une autre recrue, conscrit plutôt, s’enrôlait sous la bannière des travailleurs de l’écran. M. Maurice Charmeroy faisait sonner haut son ardeur, ses millions, ses interprètes, ses bureaux, son état-major, ses vingt ans ! J’ai publié un article de lui et enregistré quelques-uns de ses nombreux projets. Or, L’Intransigeant d’hier annonce que « MM. Allinat et Morlot ont cessé toute collaboration avec Maurice Charmeroy ». Qu’il reste seul, (un, deux, trois!) avec SES opérateurs, mais produise un film justifiant à demi cette mise en scène préparatoire à celle du scénario.

Ah ! jeunesse, vous devriez bien aller vite à l’école. Pour un ou deux d’entre vous qui sautent des classes — ou des obstacles sur la lice cinématographique — combien devraient prendre leçon, potasser, avant de se lancer dans la carrière. On n’entre point au studio sans études, même si un bonheur, un hasard, un mécène, féminin ou masculin vous ont fourni les moyens de tourner avant même de vous être initiés à la manivelle, celle du travail, celle de la vie !

J.-L. Croze

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Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

sauf Cinémagazine : Ciné-Ressources / La Cinémathèque française

Pour en savoir plus :

Le cycle de La Fondation Pathé : « Les origines populaires du cinéma d’avant-garde« .

La rétrospective René Clair à la Cinémathèque française.

Le post « René Clair sur le web » sur le site de la Cinémathèque française (merci à eux de nous avoir cité).

Charlie Chaplin auteur par René Clair (VU 1931)

Entr’acte de René Clair avec la musique d’Erik Satie (1924).

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Une interview de René Clair (en anglais).

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René Clair, avec Georges Charensol et Roger Regent, évoque l’année 1924 et Entr’acte en 1951 (INA).

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Francis Picabia : Entretien avec Georges Charbonnier.

 

 

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