Sortie des films muets d’Alfred Hitchcock à Paris (revue de presse) part1


A l’occasion du nouveau cycle de la Fondation Jérome Seydoux-Pathé du 31 août au 27 septembre 2016 consacré aux neuf films muets d’Alfred Hitchcock (dont nous présenterons The Ring et Blackmail (Chantage)), nous vous proposons cette revue de presse des années vingt à l’occasion de leurs sorties (ou non !) à Paris.

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En effet, il est intéressant de se rendre compte que certains n’ont jamais été projeté à Paris à l’époque, même s’ils faisaient l’objet d’encarts dans la presse.

Il faudra attendre le mois de mars 1928 pour voir la première présentation officielle d’un film de Hitchcock (The Lodger). C’était le mardi 20 mars 1928 à l’Empire (41 avenue de Wagram 17°), puis il y eut The Ring (Le Ring) le 12 septembre 1928 qui fut présenté toujours à l’Empire mais cette fois-ci par la firme Pathé Consortium Cinéma.

Quinze jours plus tard, Pathé Consortium Cinéma présentera Farmer’s Wife (Laquelle des trois ?) le 26 septembre 1928 à l’Empire.

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C’est surtout l’année 1929 durant laquelle le public parisien pourra découvrir successivement les films : The Ring (Le Ring), Farmer’s Wife (Laquelle des trois ?), Easy Virtue (Le passé ne meurt pas) et The Lodger (Les Cheveux d’or).

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Avant 1928, nous n’avons pas trouvé trace auparavant de sorties de films d’Alfred Hitchcock à Paris.

Ainsi selon nos recherches, ne sont pas sortis à Paris à l’époque les films suivants : The Pleasure Garden, The Moutain Eagle, Downhill, Champagne, The Manxman et curieusement Blackmail que nous ajoutons à cette liste même si le film a bénéficié de plusieurs échos dans la presse.

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Voici la liste des films dont nous avons trouvé des traces dans la presse française de l’époque selon leur ordre de parution.

Cliquez sur chacun des titres pour lire directement ces coupures de presse :

The Mountain Eagle (1926)

The Pleasure Garden (1925)

Champagne (1928)

The Lodger (1927)

The Manxman (1929)

The Ring (1927)

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Signalons que les quatre autres films suivant seront traités dans un prochain post : Farmer’s Wife (1928) – Easy Virtue (1928)  – Blackmail (1929).

Bonne lecture !

(c) The Alfred Hitchcock Wiki

THE MOUNTAIN EAGLE

C’est le 11 décembre 1925 que nous avons trouvé la première trace d’un film d’Alfred Hitchcock dans la presse française.

Cinémagazine évoque en ces termes ce qui est son second film, malheureusement considéré perdu : The Mountain Eagle.

Nous retrouvons quasiment la même dépêche dans Paris Soir du 18 décembre 1925.

 

 

THE PLEASURE GARDEN

Puis, nous trouvons cet encart dans Cinémagazine du 11 juin 1926 à propos de la signature d’Alfred Hitchcock avec la British National Pictures (Il venait de signer quatre films pour la Gainsborough Pictures).

Cinémagazine du 11 juin 1926

Cinémagazine du 11 juin 1926

– Les British National Pictures viennent de signer un contrat de longue durée avec le brillant directeur artistique de Londres, M. Alfred Hitchcock. C’est pour l’industrie cinématographique britannique un événement d’une certaine importance, car il prouve que tous les hommes de talent, de ce côté de l’Atlantique, ne sont plus autant qu’auparavant attirés par les offres princières des studios américains. M. Hitchcock a déjà été le metteur en scène d’un film anglais intitulé The Pleasure Garden, dans lequel il a prouvé qu’il possédait un grand talent. Il travaillera désormais dans les nouveaux studios d’Elstree où le monde cinématographique anglais attend de lui des chefs-d’œuvre.

Encore une fois nous retrouvons quasiment la même dépêche dans Paris Soir du 28 juin 1926.

Paris Soir du 28 juin 1926

Paris Soir du 28 juin 1926

 

Nous ne trouvons aucune trace en 1927 de films d’Hitchcock malgré le fait que sorte cette année là The Lodger, son premier film pour la British National Pictures, puis Downhill.

Par contre, pour la petite histoire, nous avons trouvé dans le numéro du 22 juillet 1927 de Comoedia ce curieux rapprochement entre Hitchcock et Maupassant (!!) dans cet article de Douglas d’Estrac intitulé « Vers un Hollywood français », de quel film parle-t-il ?

 

1928

 

Nous en arrivons à l’année 1928 où les choses commencent à bouger pour Alfred Hitchcock à Paris, les encarts se font plus rapprochés et surtout débutent à partir de l’automne 1928 les premières présentations officielles de films d’Hitchcock.

(c) The Alfred Hitchcock Wiki

Champagne

Le huitième film de Hitchcock ne sortira pas en France mais nous avons trouvé ces trois encarts. Le premier a été publié dans Comoedia du 28 février 1928, et annonce la fin du tournage de Champagne et la prochaine réalisation de Hitchcock, Punch et Judy ! Quel est donc ce projet mystérieux ?

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Comoedia du 28 février 1928

Le second se trouve dans Cinémagazine du 18 mai 1928 qui annonce pour la suite un autre projet qui s’appelle cette fois-ci, London, un nouveau projet mystérieux ?

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Cinémagazine du 18 mai 1928

 

Puis au détour d’un article sur le cinéma anglais paru dans Cinémagazine du 13 juillet 1928, le futur réalisateur Edmond Gréville évoque furtivement le tournage de Champagne.

Cinémagazine du 13 juillet 1928

Cinémagazine du 13 juillet 1928

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The Lodger (Les Cheveux d’or)

The Lodger (Les Cheveux d’or) est donc le premier film d’Alfred Hitchcock à être présenté officiellement à Paris. Ce fut fait le mardi 20 mars 1928 à l’Empire, 41 avenue de Wagram 17° par la compagnie Mappemonde Films qui distribuera également Finis Terrae de Jean Epstein.

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Photo Ciné d’avril 1928

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Comoedia du 17 mars 1928

A la suite de cette présentation nous avons trouvé cet article dans la revue Les Spectacles daté du 6 avril 1928.

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Les Spectacles daté du 6 avril 1928

LES CHEVEUX D’OR

Ici autre cadre, autre genre. Un très bon film réaliste évoluant dans le Londres nocturne, plein de brouillard. Voici le mystère tragique :

« On recherche dans Londres le mystérieux assassin des femmes blondes. L’étrange pensionnaire de Mme Jackson semble intéressé par les magnifiques cheveux d’or de Daisy Jackson, sa fille, un ravissant mannequin. Jaloux des attentions de Daisy pour l’étranger suspect, le fiancé de la jeune fille, Joe, un policier, perquisitionne chez lui, et découvre des coupures de journaux relative à l’assassin sinistre, et une photographie de jolie femme blonde. Il arrête l’étranger, mais celui-ci s’enfuit. Il rejoint Daisy et lui raconte son histoire qui prouve ainsi sa complète innocence. Mais ses menottes le désignent à la juste fureur d’une foule indignée. Elle se rue sur lui.
Pendant ce temps, le policier apprend que le véritable assassin, un fou dangereux échappé d’un asile depuis six mois, vient d’être repris. Il se précipite, et arrive à temps pour sauver le jeune homme que la foule allait lyncher. Celui-ci, dont la soeur avait été, autrefois, assassinée par le fou, dans un bal, avait juré au lit de sa mère mourante de chagrin, de ne pas avoir de répit avant d’avoir fait justice de l’assassin. Délié de son serment, le jeune homme offrira alors à la jolie Daisy qui crut en lui et l’aima, l’un des plus grands noms de l’aristocratie anglaise. »

L’intérêt de cette bande réside dans le mystère qui plane sur le jeune et bel étranger dont Ivor Novello a marqué avec subtilité le séduisant visage.
Le réalisateur a brossé de remarquables tableaux de la vie londonienne.

Près de Novello, on a particulièrement remarqué June (Tripp. ndlr)dont la blonde chevelure, le sourire exquis et le joli talent se sont imposés très vite. Dans les rôles de M. et Mme Jackson, Arthur Chesney et Marie Ault sont parfaits.

« Les Cheveux d’Or » est un film essentiellement populaire qui plaira beaucoup.

Puis mystérieusement le film sera projeté plusieurs mois après mais pour une seule semaine ! le 05 octobre 1928 à Paris dans le 16°arrondissement, au Palladium, 83 rue Chardon-Lagache ainsi qu’au Victoria, 33 rue de Passy.

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La Semaine à Paris du 5 octobre 1928

Il faudra attendre le 11 janvier 1929 pour revoir le film au Delta, 17bis boulevard Rochechouart 75009.

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La Semaine à Paris du 11 janvier 1929

 

Puis le film sera projeté tout au long de l’année 1929 dans plusieurs salles de quartier comme l’Eden des Gobelins, 57 avenue des Gobelins 75013, au Floréal, 13 rue de Belleville 75020, au Parisiana, 373 rue des Pyrénées, Cinéma des Familles, 141 rue de Tolbiac 75013.

 

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La Semaine à Paris du 25 janvier 1929

 

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La Semaine à Paris du 15 mars 1929

 

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La Semaine à Paris du 12 avril 1929

 

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La Semaine à Paris du 22 novembre 1929

 

The Lodger (Les Cheveux d’or) semble avoir été particulièrement apprécié car nous trouvons plusieurs projections jusqu’en 1934 ce qui est plutôt exceptionnel pour l’époque car la durée de « vie » d’un film était courte en dehors de projections de ciné-club. Ainsi , on le retrouve le 11 juillet 1930 au Chanteclerc, 76 avenue de Clichy 75017, le 28 janvier 1932 au Nouveau Cinéma, 125 rue Ordener 75018, le 10 février 1933 au Concordia, 8 rue du faubourg Saint-Martin  75010 et le 27 avril 1934 au Templia, 18 rue du faubourg du Temple 75011.

 

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La Semaine à Paris du 11 juillet 1930

 

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La Semaine à Paris du 28 janvier 1932

 

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La Semaine à Paris du 10 février 1933

 

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La Semaine à Paris du 27 avril 1934

 

THE MANXMAN

 

 The Manxman (L’Homme de l’île de Man) est considéré comme le dernier film muet d’Alfred Hitchcock.

Même si le film ne sortira pas à Paris, nous avons trouvé quelques coupures de presse relatant le tournage du film.

 

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Comoedia du 14 juin 1928

EN ANGLETERRE.

Ayant terminé Champagne, Alfred Hitchcock va commencer immédiatement un nouveau film : The Manxman, c’est-à-dire L’Homme de l’Ile de Man dont la vedette sera Carl Brisson, interprète du Ring.

L’auteur du scénario est Sir Hall Caine, le nouvelliste bien connu, lui-même natif de l’île de Man. Cette île minuscule est située entre l’Irlande et la côte nord-ouest de l’Angleterre. Elle est habitée par une faible population, qui a gardé très vif l’amour de ses vieilles traditions et de ses coutumes les plus baroques. L’île est administrée par un gouvernement représentant le roi George V, et le Parlement se nomme  » la Maison des Clefs ». Une des particularités les plus curieuses de l’île, c’est d’être le berceau d’une race de chats magnifiques et sans queue.

L’Homme de l’Ile de Man est un drame qui jettera un jour tout nouveau sur les coutumes et les caractères de cet étrange pays.

Puis La Semaine à Paris annonce à tort le 20 juillet 1928 que la comédienne Estelle Brody tournera dans The Manxman. En fait elle tournera dans un autre film de la British International Pictures sous la direction d’Harry Lachman, His Wife’s Husband (cf le Alfred Hitchcock Wiki).

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La Semaine à Paris du 20 juillet 1928

 

Cinémagazine à son tour évoque The Manxman en ces termes dans ces deux encarts.

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Cinémagazine du 31 août 1928 

 

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Cinémagazine du 21 septembre 1928

C’est dans le quotidien Comoedia le 28 septembre 1928 que l’on trouve cet article étonnant à propos d’Anny Ondra et Carl Brisson, les deux personnages principaux du Manxman.

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Comoedia du 28 septembre 1928

EN ANGLETERRE

Carl Brisson, qui fit dans Le Ring une si bonne création du rôle de Jack Sander, a signé un long contrat avec la British International Pictures. Et présentement, il tourne sous la direction d’Alfred Hitchcock L’Homme de l’île de Man. Cette production, qui sera prochainement terminée, comprend dans sa distribution la charmante héroïne de Susy-SaxophoneAnny Ondra.

Il paraît que le placide, doux et rêveur Carl Brisson, a pris feu au contact de la jeune trépidante et artiste tchécoslovaque. Et la petite Anny aux cheveux d’or, très surprise de la fougue de ce partenaire qu’on lui dépeignait comme un homme plein de sang-froid, de déclarer : « N’importe qui a pu se rendre compte que Carl Brisson était amoureux pendant que nous tournions. Dans le cours de ma brève carrière d’artiste d’écran, j’ai eu beaucoup d’amoureux de cinéma, Allemands, Tchécoslovaques et Anglais, mais jamais je n’ai été embrassée comme Carl embrasse dans L’Homme de l’île de Man. »

Voici une déclaration qui a pour le moins le mérite de la franchise.

Finalement nous avons trouvé également cet article paru dans Le Matin le 12 octobre 1928 sur le tournage en cours du Manxman.

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Le Matin du 12 octobre 1928

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LE RING

Le Ring fut le premier film d’Alfred Hitchcock à être présenté par Pathé Consortium Cinéma qui venait de signer un accord avec la British International Pictures (B.I.P). C’était le premier film d’Hitchcock avec la B.I.P pour une collaboration qui dura jusqu’en 1932.

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The Ring fut donc présenté à la presse française le 12 septembre 1928 à l’Empire mais le film ne sortira que le 3 mai 1929 tout d’abord à l’Omnia-Pathé puis dans plusieurs salles à Paris. Signalons que le film était sorti à Londres en septembre… 1927.

Ainsi, Le Matin du 31 août 1928 publie cet encart annonçant la première présentation officielle à Paris d’un film d’Alfred Hitchcock.

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Quelques jours plus tard, le quotidien Comoedia publie le 01 septembre 1928 cet article annonçant ce qui « s’annonce comme un des grands succès de la saison cinématographique ».

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EN ANGLETERRE

Le 12 septembre prochain, Pathé-Consortium-Cinéma présentera une superproduction de la British International Pictures, Le Ring interprétée par Carl Brisson et Lilian Hall Davis.

Le metteur en scène Alfred Hitchcock a réalisé ce film d’après un scénario de sa composition. L’intrigue se déroule en Angleterre et met en relief les côtés les plus caractéristiques du caractère anglo-saxon. C’est une peinture exacte, d’un réalisme mesuré, du monde de la boxe. C’est l’histoire profondément émouvante de l’amour de deux hommes pour une femme.

Carl Brisson, qui est la vedette du Ring est un des jeunes artistes les plus populaires de Grande-Bretagne. C’est un ancien champion de boxe de la marine danoise, et les combats que l’on voit dans le film, se sont déroulés avec une ardeur et une loyauté toutes sportives.

Lilian Hall Davis, dont le talent s’est affirmé dans diverses productions au cours de ces dernières années, est la vedette féminine de cette production.

Notons encore que le grand combat final du Ring a été arbitré à Londres par Eugène Corri, le referee dont la notoriété est mondiale. Doyen des arbitres, M. Corri est incontestablement la plus grande autorité existante en matière de boxe. C’est la première fois qu’il paraissait devant l’objectif d’une caméra.

Par la précision et l’humour de ses tableaux, par la force qui se dégage de son action rapide, brutale, angoissante, Le Ring s’annonce comme un des grands succès de la saison cinématographique.

Puis après cette présentation officielle, Le Matin publie dans son édition du 14 septembre 1928 ce compte-rendu enthousiaste.

LA PRÉSENTATION DU « RING » A L’EMPIRE

paru dans Le Matin du 14 septembre 1928

Le Matin du 14 septembre 1929

Le Matin du 14 septembre 1928

Pour inaugurer la reprise de l’activité de la corporation cinématographique, quelque peu ralentie par les vacances, Pathé-Consortium-Cinéma conviait avant-hier, à l’Empire, critiques et directeurs de salles à la première vision d’une production de la British International Pictures le Ring.
Film sportif, cela va sans dire; le titre ne laisse aucun doute à ce sujet. Mais aussi film humoristique et sentimental. L’auteur et réalisateur de cette remarquable bande est le metteur en scène Alfred Hitchcock.

Amour, sport !  Voici les deux pôles autour desquels gravitent les personnages de la comédie. Jack Sander, surnommé One Round pour ses exceptionnelles qualités de pugiliste, a été remarqué par le champion Bob Corby dont il est devenu l’entraîneur. Jack adore une jeune fille autrefois caissière de la baraque foraine qui avait vu les humbles débuts du boxeur. Ils se marient, mais bientôt, éblouie par le champion Bob, elle délaisse son mari puis l’abandonne complètement. Les diverses péripéties de ce conflit et d’une réconciliation au cours d’un match extrêmement émouvant qui oppose Jack à Bob constituent le clou de ce film.

Mais combien de notations heureuses, de détails savoureux sur la vie des forains et celle des sportifs, quelle analyse minutieuse de la psychologie des grands boxeurs. L’interprétation est parfaite avec Carl Brisson dans le rôle de Jack, Lilian Hall-Davis, Ian Hunter, Gordon Harker, Harry Terry, et le tout est enveloppé dans une atmosphère photographique tour à tour douce ou violemment contrastée. Le succès remporté à l’Empire par ce film a prouvé combien le public avait goûté cette splendide réalisation.

Le spectacle commençait par un film réalisé au Zoulouland par le commandant Gatti Siliva le Zoulou. Drame indigène joué par des indigènes, ce film, où abondent les prises de vues originales, mêle à l’intérêt documentaire une intrigue parfaitement jouée par des hommes et des femmes dont la sincérité d’expression et la beauté plastique ont été fort remarquées.

Puis c’est au tour de la revue de cinéma Cinémagazine de publier à son tour ce compte-rendu dans le numéro du 21 septembre 1928.

Critique du film Le Ring

paru dans Cinémagazine du 21 Septembre 1928

Cinémagazine du 21 Septembre 1928

Cinémagazine du 21 Septembre 1928

Le monde de la boxe a souvent été mis à l’écran. Pas toujours avec le même bonheur que dans ce nouveau film.
Jack, boxeur forain, aime Nelly. II est remarqué par un organisateur de combat, qui l’engage et petit à petit le révèle, Jack se marie avec Nelly ; mais celle-ci se sent attirée par Bob Corby, champion poids lourds ; Jack s’en aperçoit et un beau soir, sur le ring, administrera à son rival une correction formidable, gagnant ainsi et le titre de champion et le cœur de sa femme, car, pour être aimé il faut des poings solides et un portefeuille confortable.

Le combat de boxe est bien réalisé et notamment les impressions de l’homme anéanti par un formidable coup de poing, ont été très applaudies.
Lilian Hall-Davis est charmante dans son rôle de femme indécise, qui ne sait au juste qui elle aime. Carl Brisson est un jeune premier athlétique et sympathique, au jeu excellent ; Ian Hunter, un champion poids lourds bien vilain et Forrester Harvey un très pittoresque manager.

Robert Mathe

Cinémagazine du 21 Septembre 1928

Cinémagazine du 21 Septembre 1928

 Finalement, que s’est-il passé ? On ne trouve plus trace du film dans les mois qui ont suivi si ce n’est cette allusion flatteuse dans Le Figaro dans un article sur le cinéma anglais par G.Léonard.

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Le Figaro du 04 avril 1929

En effet, le film finira par sortir mais bien plus tard à Paris, le 3 mai 1929 et projeté à l’Omnia-Pathé, 5 boulevard Montmartre.

 

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La Semaine à Paris du 03 mai 1929

Le grand hebdomadaire Pour Vous publie cette critique du film dans son numéro du 9 mai 1929.

Critique du film Le Ring

paru dans Pour Vous du 9 Mai 1929

Pour Vous du 9 Mai 1929

Pour Vous du 9 Mai 1929

Jack Sanders et Bob Corby. Le premier, qui d’abord travaille dans une baraque de foire, devient l’entraîneur du second. Jack est fiancé avec une jeune fille que Bob courtise. Elle épouse Jack, qu’elle trompe. Un beau jour, Jack, devenu boxeur coté, se bat avec Bob, dans un match qui a attiré la foule, et la jeune femme se sent vraiment éprise de son mari en le voyant sur le ring. Elle le dit à Jack qui n’en a que plus de courage et triomphe de son rival.

On se doute bien que cette histoire ne s’illustre pas seulement de doux baisers. On y voit aussi le ring et ses rudes jeux.
Carl Brisson et Ian Hunter jouent les rôles dos boxeurs avec leurs poings autant qu’avec leur visage, comme il convient, et Lilian Hall Davis est gentille.

— W (Lucien Wahl)

Pour Vous du 9 Mai 1929

Pour Vous du 9 Mai 1929

Le Matin se fait l’écho de cette sortie parisienne avec cette publicité parue dans le numéro du 17 mai 1929.

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Le Matin du 17 mai 1929

Ainsi Le Ring sort dans les salles parisiennes suivantes.

Le 10 mai 1929, il est projeté au Rochechouart dans le 9°, au Lyon-Palace dans le 12°, au Royal-Wagram dans le 17°, dans le 18°au Barbès, Capitole, Select, Métropole et Ornano.

Signalons qu’au Rochechouart il passe en même temps qu’un autre film d’Alfred Hitchcock dont nous reparlerons dans un prochain post : Laquelle des trois ? (Farmer’s wife).

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La Semaine à Paris du 10 mai 1929

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La Semaine à Paris du 10 mai 1929

Le 17 mai 1929, au Palais des fêtes dans le 3°, Ciné MagicPalace dans le 7°, Palais des Glaces dans le 10°, Saint-Marcel dans le 13°, Montparnasse dans le 14°, Lecourbe dans le 15°, Magique dans le 15° et Belleville dans le 19°.

Laquelle des trois ? (Farmer’s wife) passe en même temps dans toutes ces salles sauf le Lecourbe.

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La Semaine à Paris du 17 mai 1929

On retrouve des projections du Ring (toujours avec Laquelle des trois ?) en proche banlieue à partir du 24 mai 1929. Au Kursaal à Boulogne et à Aubervilliers, mais également à l’Olympia de Clichy.

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La Semaine à Paris du 24 mai 1929

Par contre on trouve des projections du Ring jusqu’en 1930, par exemple au cinéma Italie, 174 avenue d’Italie, la semaine du 18 octobre 1928 et au Gambetta-Etoile la semaine du 27 juin 1930.

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La Semaine à Paris du 27 juin 1930

Bien sur Le Ring a été exploité en province, nous avons retrouvé sa trace par exemple à Lens le 8 août 1930 (cf Les Spectacles du 8 août 1930).

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Pour clore cette première partie, signalons que Le Ring a été exploité également en France sous le titre Le Masque de Cuir (pour une raison inconnue !) pour les éditions VHS et DVD par les films Atlas et Studio Canal. Or un film de Fred Niblo existe déjà sous ce nom avec Ronald Colman et Vilma Banky et ce film est sorti en France le 17 août 1928, un mois avant la présentation officielle du Ring

Vous pouvez lire à ce sujet cet article sur l’excellent blog des Films Perdus.

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Le Matin du 27 août 1928

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Prochainement, la seconde et dernière partie de notre série sur les sorties à Paris des films muets d’Alfred Hitchcock.

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Source : Bibliothèque numérique de la Cinémathèque de Toulouse (Pour Vous)

Source : Ciné-Ressources / La Cinémathèque Française (Cinémagazine)

Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France (toutes les autres revues).

 

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Pour en savoir plus :

The Alfred Hitchcock Wiki est une vrai mine d’or pour tout admirateur d’Alfred Hitchcock.

Comme nous aimerions qu’un tel site existe pour un réalisateur français…

Le site français sur Alfred Hitchcock, qui date un peu mais fourmille de renseignements sur sa carrière.

La bande-annonce de The Lodger (avec intertitres espagnol).

La fameuse scène du plafond dans The Lodger.

L’extrait de l’entretien d’Alfred Hitchcock avec François Truffaut dans lequel il parle de The Lodger.

La scène du verre dans le film Champagne.

La scène des jumelles dans The Pleasure Garden.

La scène du mal de mer du héros de Downhill.

La scène de l’homme saoul dans The Ring.

La scène du billboard dans The Ring.

 

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