La Proie du vent de René Clair (Cinémagazine 1926/1927)


A l’occasion du cycle consacré aux films Albatros à la Fondation Jérome Seydoux-Pathé, L’Aventure Albatros – la suite, du 2 juin au 5 juillet 2016, nous vous proposons cette série d’articles de Cinémagazine consacré à l’un des muets majeurs de René Clair qui sera projeté le mardi 28 juin à 14h30 (plus de renseignements ici) : La Proie du vent.

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Sorti le 13 mai 1927 à l’Aubert-Palace (24 boulevard des Italiens), le film avait déjà été présenté à la presse le 18 décembre 1926 à l’Artistic-Cinéma (61 rue de Douai, 75009).

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La Proie du vent est le cinquième film de René Clair et son premier film où il semble abandonner ce qu’on appelait le cinéma pur (le cinéma d’avant-garde) pour cette adaptation d’un roman d’Armand Mercier. Justement avant de découvrir les articles paru dans Cinémagazine (01 octobre10 décembre et 31 décembre 192620 mai07 octobre 1927), nous avons trouvé cette interview de René Clair (paru dans Comoedia) au moment de la présentation du film dans lequel il s’explique sur cette évolution.

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En 2012, le trompettiste Ibrahim Maalouf a sorti l’album Wind qui est la musique qu’il a créé pour une projection exceptionnelle de La Proie du vent à la Cinémathèque française en 2011.

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Mais malheureusement, La Proie du vent est toujours inédit en DVD 🙁

Bonne lecture.

 

Le « Cinéma pur » et M. René Clair

paru dans Comoedia le 31 décembre 1926

Comoedia le 31 décembre 1926

Comoedia le 31 décembre 1926

Entr’acte. Un petit bateau de papier qui glisse sur un toit, un masque grimaçant qui éclate, du rythme et du vertige, une poursuite de farce, des images successives que rien ne relie si ce n’est leur succession…
Va-t-on m’introduire dans une chambre bizarre, cubiste et moderne, avec des meubles étranges, des éclairages invisibles et tamisés, des toiles de Picasso ou de Picabia ?

On m’introduit dans un salon bourgeois. Un divan, chargé de coussins et de poupées de son ; de bons fauteuils surannés et confortables; un piano droit ; un lustre électrique ; sur une table, des numéros de L’Illustration. Aux murs, entre autres, un portrait de chien et un tableau qui représente le pont du Rialto, à Venise. Mais voici M. René Clair.

— Vous êtes un des plus jeunes metteurs en scène ; vous êtes à l’avant-garde. On connaît, par telle de vos bandes, votre effort de « cinéma pur ». Et pourtant, on reconnaît unanimement que votre dernière réalisation, La Proie du vent, est un film commercial et très public. N’y a-t-il pas là une contradiction ? Et le cinéma pur ?

Je n’ai jamais dit que je fusse exclusivement pour le cinéma pur. Et nous ne faisons pas ce que nous voulons. Vous me placez à l’avant-garde ? Il n’y a pas de cinéma d’avant-garde. Le mot ne veut rien dire ; ou, si vous préférez, nous sommes tous à l’avant-garde, puisque le cinéma est un art neuf qui progresse chaque jour ! Il y a le cinéma intellectuel, si vous voulez.

— Soit. Alors en quoi La Proie du vent est-elle du cinéma intellectuel ? Est-ce parce que vous avez changé la fin du roman de M. Armand Mercier pour que l’histoire finisse par un mariage ?

Cette fin changée, mais ce n’est pas moi. On me l’a demandé instamment. Je vous l’ai dit : nous ne faisons pas tout ce que nous voulons. Et puis, le cinéma pur n’est pas tout. Il ne remplacera jamais le cinéma industriel ; mais il se développera quand même, parce qu’il nous apporte du neuf, ce qui répond à tout. Le cinéma pur n’atteindra jamais la majorité du public, ou s’il l’atteint, ce sera sans que le public s’en doute, comme malgré lui. Mais il y a quand même un public, restreint, je le concède, qui s’intéresse à ces efforts vers le neuf. Le cinéma dramatique cherche encore sa formule.

Le cinéma comique l’a déjà trouvée. S’il y a une construction du comique pur qui existe à l’écran en dehors du théâtre, le cinéma dramatique, lui, est encore bâti sur le plan verbal. C’est ainsi que Chaplin voit d’abord des images visuelles essentiellement comiques, et les noue ensuite par une histoire ; tandis que, pour un film dramatique, on commence par écrire un scénario. C’est une grande erreur.

— Définissez alors le cinéma pur !

Une définition, c’est très difficile. Il faut se défier des définitions. Et souvent elles ne veulent rien dire. Je crois qu’il y a cinéma pur dès qu’il y a une impression traduite avec plus d’intensité, ou différemment qu’ailleurs ; quand l’image suffit à provoquer une impression, et même une émotion peut-être, sans pour cela faire allusion à aucune expression artistique.

En somme, il y a deux attitudes : ceux qui croient que « c’est arrivé », et qu’en vingt-cinq ans, ils ont parcouru tout le cycle de l’expression cinématographique possible ; et ceux qui comprennent que le cinéma vient de débuter, et se rendent compte que tout peut être bouleversé par une découverte, ou par un génie.

Il faudrait être bien fat ou bien sot pour se ranger dans la première de ces catégories.

Essayons donc de doser, de mettre dans nos films un peu de cinéma pur, pour habituer le public, qui, souvent d’ailleurs, trouve cela très bien, à condition qu’on ne lui dise pas que c’est du cinéma pur. Ainsi, il y a du cinéma pur dans les documentaires ces plongeons en parachute que les Américains nous montrent au ralenti, c’est du cinéma pur !

Et M. René Clair conclut, plein d’humilité :
Si l’on compare l’admirable découverte qu’est le cinéma et nos pauvres réalisations actuelles, on est bien forcé de reconnaître que nous ne sommes pas encore dignes de notre instrument.

Pierre Lagarde

Comoedia le 31 décembre 1926

Comoedia le 31 décembre 1926

La Proie du Vent

paru dans Cinémagazine du 1 octobre 1926

Cinémagazine du 1 octobre 1926

Cinémagazine du 1 octobre 1926

René Clair et la troupe Albatros, composée de Sandra Milovanoff, Charles Vanel, Lilian Hall-Davis, Jean Murat et Jim Gerald, sont arrivés en Tchéco-Slovaquie, après un excellent voyage.

Ils ont trouvé, là-bas, un temps magnifique qui leur a permis de tourner les principales scènes de l’émouvante poursuite en automobile, au cours de laquelle la voiture de Pierre Vignal est précipitée dans un ravin. Toute la science du mouvement, toutes les ressources techniques de René Clair, nous les retrouverons dans cette course hallucinante, qui fera participer les spectateurs aux angoisses des héros du film. Les extérieurs de vieux manoirs ont été également enregistrés par les opérateurs Gondois et Roudakoff.

Entre les prises de vues, et comme le pays où travaillent les cinématographistes est un des plus giboyeux d’Europe, l’élément masculin de la troupe s’est livré à une battue en règle, dont les résultats ont été remarquables : Vanel, pour sa part, a réussi à abattre deux énormes solitaires qui s’étaient permis de venir troubler la fête, et il a tenu à être cinématographié devant ses victimes afin que ses amis, à son retour, ne puissent pas l’accuser de leur raconter une histoire de… chasseur.

La Proie du Vent

paru dans Cinémagazine du 10 décembre 1926

Cinémagazine du 10 décembre 1926

Cinémagazine du 10 décembre 1926

La nuit. Dans le silence du parc, un homme, une femme, têtes nues, poussent lentement, précautionneusement une puissante torpédo sur le sable des allées. Parfois, d’un regard furtif en arrière, ils s’assurent que les hôtes du château ne soupçonnent pas leur évasion. Enfin, voici la grille, que l’homme ouvre toute grande. Voici la route qui offre la tentation de son toboggan salutaire. Il est temps de (se) mettre en marche, car une, puis deux fenêtres, à présent, découpent des yeux menaçants dans le visage sombre du bourg. Le moteur ronfle en sourdine, puis hurle, sous l’accélérateur, son désir de bête encagée… Ils sont partis, vers l’aube naissante, vers leur destin libre, l’homme et la femme aux têtes nues, aux furtifs regards…

Mais l’alarme est donnée, au château : un autre moteur ronfle, plus grave, mais plus puissant. La poursuite commence éperdue, dans les lacets de la montagne, sur les routes ténébreuses voûtées de rouvres ou bordées de pins. Les fugitifs ont pour eux l’audace, l’espace et l’adresse. Les autres ont la vitesse, le but et l’opiniâtreté. Lutte inégale. Bribe par bribe, le bolide au chant grave ronge la distance mobile qui sépare les adversaires. Implacables, la supériorité du mécanisme brise celle de l’habileté. A chaque virage, l’air siffle comme l’eau sous le fer rouge, et la force centrifuge agrippe les roues, vers l’extérieur.

Ici, une ardeur nouvelle et déjà triomphante met les fugitifs en demeure. Là, le désespoir serre les dents et ne se rend pas.
Les voici plus près, et encore plus près, il n’est pas de dénouement hors la catastrophe.
Elle se précipite : la femme s’est levée, droite, le regard agrandi, les bras en croix.
Son rire, strident, vrille le bruit des moteurs. Le vent tire ses cheveux en arrière, de toute sa force qui est une équitation brutale.

C’est une scène poignante que Sandra Milovanoff et Charles Vanel d’une part, Lilian Hall-Davis, Jean Murat, Jim Gérald de l’autre, interprètent magistralement dans La Proie du Vent, que vient de terminer René Clair, et qu’Albatros présentera le 18 décembre, à l’Artistic Cinéma.
R. P.

Effectivement le film sera présenté à l’Artistic Cinéma ce 18 décembre 1926 mais ne sortira que quelques mois plus tard le 13 mai 1927 comme vous le verrez ci-dessous.

Comoedia du 18 décembre 1926

Comoedia du 18 décembre 1926

 

LES PRESENTATIONS : LA PROIE DU VENT

paru dans Cinémagazine du 31 décembre 1926

Cinémagazine du 31 décembre 1926

Cinémagazine du 31 décembre 1926

Il convient de féliciter chaudement René Clair pour la nouvelle production dont il vient de doter notre écran. D’heureux antécédents et des réalisations telles que Paris qui dort et Le Fantôme du Moulin Rouge nous faisaient espérer un nouveau succès. Nous n’avons pas été déçus. René Clair aime son art, il le connaît admirablement. Il a su s’évader des formules théâtrales pour faire uniquement du cinéma.

Un scénario palpitant, un découpage extrêmement adroit, une connaissance approfondie de la technique, un montage tout à fait remarquable et qui fut particulièrement applaudi pendant l’accident d’avion et la course d’automobiles, voilà plus qu’il n’en faut pour contenter les plus difficiles. Je ne raconterai pas le scénario tiré du récent roman L’Aventure Amoureuse de Pierre Vignal, il a trouvé en René Clair un animateur remarquable.
Les vues prises en avion, les tableaux du château perdu au milieu des forêts, la succession des scènes dramatiques tenant continuellement le spectateur en haleine contribuent à faire de La Proie du Vent un film de grande classe.

Cinémagazine du 31 décembre 1926

Cinémagazine du 31 décembre 1926

Charles Vanel interprète en grand artiste le rôle de Pierre Vignal. Comme il sait avec sincérité nous exprimer la colère, la jalousie, la surprise qui s’emparent de son personnage ! Dans une création des plus délicates, Sandra Milovanoff affirme, une fois de plus, son beau talent de tragédienne, tandis que Lilian Hall-Davis, exquise au possible, incarne la jeune fille que Pierre aime mais qu’il soupçonnera jusqu’à la fin. Jean Murat, très sobre et très expressif dans le rôle du beau-frère, et Jim Gerald, qui burine du docteur une étonnante silhouette, complètent la distribution.

Il serait injuste de ne pas mentionner la part de succès qui revient à MM. Albert Préjean, Roques, Bajac et Robert Batton qui collaborèrent à la réalisation des scènes d’aviation, aux opérateurs Gondois et Roudakoff qui dotèrent ce film d’une photographie impeccable, à MM. Meerson et Bruni, responsables de forts beaux décors.

La Proie du Vent est de ces films qui font le plus grand honneur à la production française ; le producteur, Albatros, et l’éditeur, les Films Armor, doivent recevoir ici nos plus sincères félicitations pour ce nouvel effort accompli en faveur de notre cinéma. Si l’on ne passait sur nos écrans que des films de cette facture, depuis longtemps la production française aurait repris la belle place qu’elle occupait jadis dans l’univers.

Jean de Mirbel

Dans les numéros précédents cet article, nous avons retrouvé les photographies suivantes :

Cinémagazine du 17 décembre 1926

Cinémagazine du 17 décembre 1926

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Cinémagazine du 17 décembre 1926

Cinémagazine du 17 décembre 1926

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Cinémagazine du 24 décembre 1926

Cinémagazine du 24 décembre 1926

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Cinémagazine du 31 décembre 1926

Cinémagazine du 31 décembre 1926

Finalement le film mettra plusieurs mois à sortir et c’est par cet encart publié dans Cinémagazine le 13 mai 1927 que les productions Albatros et les Films Armor annoncent la sortie du film en exclusivité à l’Aubert-Palace.

Cinémagazine du 13 mai 1927

Cinémagazine du 13 mai 1927

Cinémagazine du 13 mai 1927

LES  FILMS  DE  LA  SEMAINE : LA PROIE DU VENT

paru dans Cinémagazine du 20 mai 1927

Cinémagazine du 20 mai 1927

Cinémagazine du 20 mai 1927

Les réalisations de René Clair sont toujours attendues avec impatience par les cinéphiles qui savent apprécier le goût et l’art de leur animateur. Ils ne seront pas déçus par La Proie du Vent, adapté de L’Aventure Amoureuse de Pierre Vignal. Le sujet du drame, infiniment poignant, intrigue dès les premières scènes.
Point n’a été besoin pour cela d’avoir recours aux formules théâtrales si souvent et si malencontreusement employées à l’écran. Sans gestes inutiles, les acteurs de La Proie du Vent nous font connaître leurs états d’âme et, en suivant le héros au milieu de son étrange aventure, nous ne pouvons manquer de sentir nous aussi ses angoisses, ses incertitudes, ses doutes. Celle qui a eu recours à lui et qui a su éveiller sa pitié est-elle une démente, est-elle sincère, cherche-t-elle à exploiter sa crédulité ?
D’autre part, la femme à laquelle il a donné son cœur est-elle indigne de son amour ? Autant de points d’interrogation qui se poseront jusqu’à la fin et qui empoigneront le spectateur.

Il fallait Charles Vanel pour incarner Pierre Vignal. Nul mieux que lui n’aurait pu nous animer l’aviateur entraîné au milieu d’un drame des plus étranges. Avec quelle vie il sait nous rendre l’attitude de l’infortuné torturé par la jalousie et l’inquiétude ! Infiniment émouvante, Sandra Milovanoff dans le personnage délicat de la folle.
Quant à Lilian Hall-Davis, elle sait personnifier avec beaucoup de sensibilité l’hôtesse mystérieuse de Pierre Vignal. Jean Murat s’affirme une fois de plus excellent comédien et Jim Gérald nous donne du docteur une silhouette fort réussie.

La mise en scène est excellente. La chute de l’avion, l’hallucination de Pierre Vignal, la poursuite des automobiles, autant de passages parfaitement réalisés qui montrent une fois de plus combien René Clair est maître de sa technique. Mais cela, ne l’avait-il pas déjà prouvé dans ses créations précédentes ?

L’HABITUE DU VENDREDI.

Cinémagazine du 20 mai 1927

Cinémagazine du 20 mai 1927

Puis le film ressortira à l’automne 1927 dans plusieurs salles à paris ce qui donnera cette nouvelle critique de Cinémagazine.

LES  FILMS  DE  LA  SEMAINE : LA  PROIE  DU  VENT

paru dans Cinémagazine du 07 octobre 1927

Cinémagazine du 07 octobre 1927

Cinémagazine du 07 octobre 1927

On parle beaucoup en ce moment des adaptations. Celles-ci ont de nombreux ennemis qui, pour la plupart, leur reprochent surtout d’empêcher le cinéma d’être lui-même, c’est-à-dire de s’encombrer de littérature. La vérité est que, tiré ou non d’un roman, un scénario confié aux mains d’un véritable animateur cinématographique donne toujours un film intéressant.

René Clair nous en a donné une excellente preuve avec La Proie du Vent qui est une des œuvres les plus « cinégraphiques » qu’il nous ait été donné de voir depuis longtemps. Et cependant ce film est tiré d’un roman : L’Aventure Amoureuse de Pierre Vignal. Mais René Clair est un homme qui a le sens du cinéma — et aussi le métier. Il s’est délibérément évadé des vieilles formules, et est cependant resté à la portée de tous les publics.

L’intérêt du scénario, très palpitant en lui-même, s’accroît sans cesse grâce à un habile montage, une technique sûre et très moderne. L’adroite succession des scènes aussi bien que l’originalité de maintes prises de vues contribuent à produire sur le spectateur, une impression de jamais vu, qui augmente évidemment l’émotion produite par l’intrigue.
La réalisateur a été heureusement secondé par de talentueux interprètes, en tête desquels nous citerons : Sandra Milovanoff et Charles Vanel, entourés de Lilian Hall-Davis, Jean Murat et Jim Gerald.
La Proie du Vent est un film qu’il faut voir.

La Proie du vent ressort donc sur les écrans parisiens tout au long du mois d’octobre et novembre 1927 comme le montre le nombre de salles projetant le film (ci-dessous à la date du 7 octobre 1927) :

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Source : Ciné-Ressources / La Cinémathèque Française (pour les reproductions de Cinémagazine).

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Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France (pour les reproductions de Comoedia).

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Pour en savoir plus :

La Proie du vent sur le site de la Cinémathèque française (Catalogue des restaurations et tirage) avec en pdf le beau dossier de presse d’époque.

Les Films Albatros par Camille Blot-Wellens sur le site de la Cinémathèque française (Catalogue des restaurations et tirage).

L’Artistic-Cinéma sur le site sallesdecinéma.blogpsot.fr

Extrait de La Proie du vent avec Charles Vanel, Lillian Hall Davis et Jean Murat.

Ibrahim Maalouf, un trompettiste pour René Clair.

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