Spécial Max Linder dans Ciné Pour Tous en 1919


Voici l’article que nous aurions dû mettre en ligne le samedi 14 novembre 2015 mais que nous avons préféré remplacer par celui-ci en hommage aux victimes des attentats de Paris qui nous ont bouleversé.

***

En cette période de fêtes, voilà un bon prétexte pour rendre hommage à nouveau à Max Linder à l’occasion du 90°anniversaire de sa mort le 31 octobre dernier.

Voici donc ce numéro spécial de la revue Ciné Pour Tous paru le 20 décembre 1919.

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Max Linder

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Peu importe en somme pour nous, l’âge de Max Linder et le lieu de sa naissance. Pour nous, les spectateurs de cinéma, Max Linder est né voici une dizaine d’années, quand, renonçant définitivement au théâtre, où il avait tenté de faire sa carrière, il commença à tourner pour Pathé.

De Max Linder, des Variétés, qu’il était jusqu’alors, Max Linder ne tarda pas à devenir Max tout court. Sa personnalité, qui ne s’était pas imposée, à la scène, s’épanouit chaque jour davantage, de 1910 à 1914, à l’écran. Max Linder avait créé un type comique qui dépassa bientôt tous ceux qui existaient alors. Les Boireau, les Gribouille, etc., furent vite oubliés. C’est à peine si Rigadin lui fut quelquefois préféré.

Max fut le roi de l’écran. On ne trouverait un témoignage dans ce fait significatif qu’il connu vite l’imitation : on se rappelle peut-être la série comique de « Gontran », qui avait pris à Max son costume,… mais non son talent. C’est ainsi que plus tard, Charlie Chaplin sera imité par Billy West.

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Max Linder était, outre un mime comique de génie, un réalisateur de valeur. C’est lui-même qui mit en scène tous ses films, qui montra à ses partenaires tout ce qu’ils devaient être, qui choisit le cadre, les costumes, les accessoires. La plupart des scénarios de ses films étaient également l’œuvre de Max. Même son esprit dépasse ce domaine, et certains se rappellent peut-être avoir vu, en 1914, à la Gaîté-Rochechouart, une revue qu’il y donna, en collaboration avec Max-Aghion. Ce fut même la première revue où l’on se servit à la fois de la scène et de l’écran.

Max Linder, en outre, parut personnellement dans quelques sketches ; à Marigny entre autres, où il put montrer que l’acteur ne le cédait en rien au mime. Le succès qui, auparavant, l’avait accueilli alors qu’il interprétait, en tournée, les rôles de Max Dearly, était une autre preuve de l’étendue de ses dons de fantaisie et d’humour.

En 1914, Max était vraiment le grand homme du cinéma comique de France. Sa renommée s’étendait, en outre, à la presque totalité de l’Europe. Ses films connurent un succès qui ne s’est d’ailleurs pas démenti après cinq années, puisque la maison Pathé a pu rééditer dernièrement ceux qui comptent parmi les meilleurs, tels : Max et sa belle-mère, Max pédicure, Max au couvent, Max à Monaco, le duel de Max, Max toréador, Max virtuose, La Très-Moutarde.

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Puis ce fut la guerre. Max, mobilisé, ne tourna plus — si on excepte Max et l’espion — pendant de longs mois.

Au début des 1916, Max, très malade, est rendu à la vie civile et, pendant plusieurs mois, va se rétablir à Châtel-Guyon.

C’est alors que, de divers côtés, il est sollicité par diverses grandes maisons d’Amérique. C’est d’abord la Triangle-Keystone qui, ayant perdu Charlie Chaplin, puis Mack Sennett et Fatty, songe à Max Linder. C’est aussi Charles Pathé, qui voudrait garder sa grande vedette.

Finalement, on apprend que Max a signé un contrat par lequel il s’engage à tourner douze comédies en deux parties dans un délai minimum d’un an, pour la somme de un million cinq cent mille francs. C’est, en fin de compte, la Compagnie Essanay qui réussi à vaincre les dernières hésitations de Max et qui comblera ainsi le grand vide que laisse Charlie Chaplin, qui vient de signer son fameux contrat de la série Mutual, pour douze films.

Max s’embarque peu après — et sa traversée, à une époque où les sous-marins boches et les mines flottantes donnaient à réfléchir à beaucoup, lui inspira son premier film tourné en Amérique : Max comes across, que l’on a pu voir ici tout dernièrement sous le titre : Max part en Amérique.

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Max apprend beaucoup en Amérique. Principalement dans le domaine de la réalisation. En effet, on a pu se rendre compte par ce film et celui qui suivit : Max veut divorcer, que l’esprit et la fantaisie de Max, alliée aux moyens de la technique de là-bas, donnaient des résultats tout-à-fait remarquables.

Max était donc installé à Chicago, au studio de la Compagnie Essanay, et achevait son troisième film, que l’on verra dans quelques semaines ici sous le titre : Max en taxi, quand le mal qui l’avait mis hors de combat ici le reprit, de plus en plus aigu. Max dut partir.

Sitôt en France, il alla chercher dans la montagne l’air vivifiant qui devait le guérir. Plusieurs mois on le vit à Chamonix s’entraîner aux sports de la neige et de la glace. Peu à peu la santé lui revint. Ce séjour forcé dans la montagne avait fait, en outre, de lui, un conducteur de luge et de bobsleigh tout à fait remarquable. Max allait d’ailleurs bientôt pouvoir se remettre à « tourner ».

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

En effet, en avril dernier, notre excellent confrère Henri Diamant-Berger, désireux, au retour d’un voyage d’études en Amérique, de mettre en pratique les théories qu’il avait émises jusqu’alors dans le Film, et sachant que seule une « star » connue des Américains pourrait permettre à un film français de forcer les portes du marché américain, vint demander à Max Linder d’être l’étoile du film qu’il allait tourner du Petit Café, de Tristan Bernard.

On se mit au travail et, sous les directives de Tristan Bernard lui-même, qui, on le sait, est un grand ami du cinéma, Max Linder, devenu Albert, le fameux garçon de café qui valut à La Gallo un triomphe, fit une création qui comptera certainement parmi ses meilleures. Tout ce que nous pourrions dire, d’ailleurs, et de l’interprète et du film, serait superflu. Nos lecteurs peuvent en juger par eux-mêmes aujourd’hui.

Max, le film terminé, est reparti pour l’Amérique, car les moyens techniques dont on dispose ici ne permettent pas encore, à son avis, de faire des films capables de rivaliser avec ceux que l’on tourne en Amérique. Mais, cela ne saurait tarder, et on peut compter que, dès que les conditions le permettront, Max Linder nous reviendra et continuera de rivaliser avec son ami Chaplin pour la royauté dans le domaine du rire, à l’écran.

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Nous trouvons dans ce même numéro une reproduction d’un article écrit par Max Linder sur sa seconde traversée de l’Atlantique qu’il envoya au quotidien Comoedia à la même époque.

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Petites Histoires

Max Linder est retourné en Amérique. Son premier voyage avait fait le sujet d’un film étincelant. Non moins étincelante est la lettre dans laquelle il raconte sa deuxième traversée. C’est à notre excellent confrère de Comœdia, J. L. Croze, qu’elle était adressée :

« Me voici enfin en Amérique ! Chaque fois que je parlais de mon départ prochain, mes amis disaient que je leur montais un bateau : en effet, j’ai monté un bateau — et le plus grand possible — La France, qui m’a déposé à New-York.
« Parti de Paris le mardi 11 novembre, à 9 heures, notre train spécial est arrivé au Havre à 2 heures et demie dans la même journée : le train était spécial, mais le retard… normal.
« Nous embarquons et on me dit qu’on va lever l’ancre ; je me couche aussitôt. On dira que j’ai l’esprit de contradiction, mais le cœur a ses raisons… Au bout de quelques heures, j’étais vraiment ravi de mon idée, car je ne ressentais aucun malaise ; aussi, vers 10 heures du soir, j’accueillis avec un grand enthousiasme le garçon de cabine qui venait aux ordres : Quel excellent bateau que La France ! Quelle stabilité, pas une oscillation ! C’est un plaisir de voyager dans ces conditions, etc. Le garçon crut devoir me détromper et m’expliqua — sans aucun ménagement — que nous étions encore à quai… Hélas ! je me rendis compte par la suite que La France avait aussi ses hauts et ses bas. Ça tourne ! Ah ! que ça tourne mal ! Mais passons sur ces mauvais souvenirs.

« J’ai fait à bord la connaissance de quelques personnalités sympathiques : Miss Mary Garden, M. Vanderbilt, le docteur Carrel, etc.
Ce dernier me demanda pourquoi je quittais la France et je lui expliquai que chez nous ce n’étaient certes, ni les bons scénarios ni les bons artistes qui manquaient, mais que matériellement nous n’étions pas organisés en France pour tourner de bons films ; pas de studios modernes avec installation électrique, pas de décors en bois, mais en toiles peintes, etc., que sans doute, d’ici quelques mois, à Nice, nous aurions tout cela, mais qu’en attendant je retournais en Californie. A mon tour, je fus sur le point de demander au docteur Carrel pourquoi il quittait aussi la France, son pays… mais ceci serait une autre histoire, comme dit Kipling.
« A bord, les distractions habituelles : bals. Ah ! je peux dire que pendant cette traversée, nous avons beaucoup dansé ; nous avons même rénové une danse qui a eu sa vogue, le roulis-roulis… ; le bateau lui-même, qui s’était mis de la partie, tanguait fortement… Ah ! le tango !

« Nous avons eu aussi un concert de bienfaisance pour les « Orphelins de la Mer ». A ce propos, un soir, je trouvai dans ma cabine un petit paquet avec ses simples mots : « De la part de miss Mary Garden », Intrigué, je me demandais ce qui pouvait bien contenir l’envoi de Cléopâtre : un aspic, peut-être ?… J’ouvris et c’était une magnifique boîte en or.
J’étais encore tout… interdit quand le régisseur de l’Opéra de Chicago vint me dire que miss Mary Garden m’avait envoyé cette boîte pour la vendre aux enchères à la fête de bienfaisance du lendemain. Ainsi fut fait et ce fut une bonne journée pour les Orphelins de la Mer.
« En arrivant à New-York, j’appris que la grève des journaux parisiens, qui avait commencé le jour de mon départ, durait encore. Je me suis aussitôt décidé à publier mon journal… de bord. »

MAX LINDER

Dans ce même numéro on trouve la version romancée du film dans lequel il eût le rôle principal : Le Petit Café (sortie la veille à Paris, le 19 décembre 1919).

Il s’agit de l’un des premiers films du cinéaste Raymond Bernard, fils de l’écrivain Tristan Bernard qui avait écrit la pièce dont est tiré le film.

Malheureusement ce film est invisible d’où l’intérêt de retranscrire ce résumé du film.

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

Ciné Pour Tous le 20 décembre 1919

LE  PETIT  CAFE

VERSION VISUELLE de la COMÉDIE GAIE de TRISTAN BERNARD
mise en scène par Raymond TRISTAN BERNARD et présentée par Henri DIAMANT – BERGER

INTERPRÈTES

Wanda Lion : Yvonne
Flavienne Merindol : Edwige
Andrée Barelly : Bérangère
Joffre : Philibert
Henri Debain : le plongeur !
Halma : Bigredon
Max LINDER : Albert Loriflan

Le jeune orphelin Albert Loriflan avait été recueilli par le marquis de Caspion qui, avant de partir pour une expédition assez aventureuse, l’avait confié à son intendant Bigredon. Celui-ci, homme peu intéressant, avait bientôt lassé la patience du jeune Albert qui préféra se lancer dans la vie, seul et sans argent, que rester dans sa compagnie.

Après avoir roulé sa bosse un peu partout, Albert, qui est devenu un jeune homme maintenant, n’a pas fait fortune, loin de là, et est fort heureux d’entrer comme unique, garçon au café Philibert, aux Ternes, où il reste d’ailleurs un peu plus longtemps que dans ses autres places.


Bigredon, à qui Albert donne de temps en temps de ses nouvelles, apprend que celui-ci vient d’hériter du marquis de Caspion, dont on a retrouvé le cadavre, de 1.800.000 francs. Il court prévenir Philibert et lui donne le conseil de faire signer à Albert, qui ignore encore sa nouvelle fortune, un contrat qui l’attacherait au café Philibert à des appointements mirifiques, mais comporterait aussi un dédit de 500.000 francs dans le cas où Albert voudrait s’en aller avant vingt années, dédit dont un tiers reviendrait à Bigredon.

Persuadé qu’Albert, à l’annonce de son héritage, préférera verser le dédit que de rester. Philibert se hâte de faire signer le contrat à son garçon, qui est d’abord ravi, mais qui commence à déchanter lorsqu’ayant appris ensuite qu’il est devenu millionnaire, il se voit avoir à payer 500.000 pour pouvoir s’en aller.
Si bien qu’il décide de rester, non sans avoir en vain tenté, à force d’excentricités, de se faire mettre à la porte.

De huit heures du matin à minuit, il est donc garçon de café, ensuite il peut jouir de sa fortune, courir les restaurants de nuit et les lieux de plaisir, à condition d’être le lendemain à son travail.
Cette vie double comporte pas mal d’incidents, car il rencontre, lorsqu’il mène sa vie mondaine, des personnes qui le connaissent comme garçon de café et il finit même par causer un énorme scandale dans un grand restaurant et par avoir sur les bras un duel qui se termine heureusement de la façon la plus saugrenue.

Complètement dégoûté de cette double existence, il offense involontairement dans son désarroi, Yvonne, la fille de Philibert.
Celle-ci, ne pouvant le faire mettre à la porte par son père, puisqu’alors ce serait celui-ci qui aurait à payer le dédit, lui reproche innocemment d’avoir imposé de telles conditions à Philibert.

Il déchire de lui-même le contrat. Et libre désormais, il va pour s’en aller, lorsqu’il s’aperçoit qu’il regrette le meilleur moment de son existence, le petit café, son tablier, sa veste, son balai et… Yvonne qui comprend aussi de son côté, lorsqu’elle le voit partir, qu’elle l’aime.
Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, ce qui est encore la meilleure façon de terminer un film.

Source : Ciné-Ressources / La Cinémathèque Française

Pour finir nous avons retrouvé un article consacré à ce film invisible de Max LinderLe Petit Café.

Il est paru dans la revue La Rampe daté du 19 octobre 1919.

La Rampe du 19 octobre 1919

La Rampe du 19 octobre 1919

LE PETIT CAFE

Les films Diamant présentent Max Linder dans la pièce de Tristan Bernard

Le Petit Café, le succès légendaire du Palais-Royal, va revivre sur l’écran. Notre excellent collaborateur, Henri Diamant-Berger, directeur et fondateur de la Société des films Diamant, a monté ce film qui servira de rentrée à Max Linder. On n’ignore pas que le grand acteur comique du cinéma n’a pas tourné en France depuis trois ans. C’est en outre son premier grand film. Jusqu’ici, en effet, il n’avait paru que dans des comédies de trois à six cents mètres, alors que le film Le Petit Café mesure dix-huit-cents mètres et durera une heure et demie.

C’est vers la fin du mois de novembre que toutes les salles de Paris le sortiront. Fait rare : il sera présenté à peu près à la même époque, à Londres et à New-York. Nous avons cherché à recueillir auprès de ceux qui y sont le plus intéressés des renseignements et des précisions sur ce qui sera un événement parisien.

Tristan Bernard nous a dit en souriant dans sa barbe : « je suis content, Diamant-Berger a trouvé et m’a imposé un metteur en scène de valeur. Son nom est Raymond-Tristan Bernard. Je ne vais pas jusqu’à prétendre que les films doivent toujours être mis en scène par le fils de l’auteur, mais la méthode a du bon. Je m’y tiendrai. Le Petit Café est un film français. C’est aussi un film amusant. Je crois bien qu’il aura du succès. Il a du reste été monté et joué avec un respect des volontés et des idées de l’auteur qui m’étonne encore quand j’y pense. Max Linder y est très bien, tout à fait bien. Joffre est un artiste de premier ordre, Henri Débain fera parler de lui : Wanda Lyon, Barelly et Mérindal ont autant de talent que d’esprit. Pourvu que le public soit content, c’est tout ce qu’à présent je souhaite ».

La Rampe du 19 octobre 1919

La Rampe du 19 octobre 1919

Le célèbre humoriste n’a pas voulu nous en dire davantage sur ses projets cinématographiques ni sur les résultats acquis.
Nous avons demandé à Max Linder ce qu’il pensait du Petit Café. L’élégant artiste s’est refusé à nous communiquer son impression à ce sujet.

« J’ai voulu simplement, nous dit-il, profiter de l’été pour tourner en France, Diamant-Berger m’a proposé un rôle que je désirais interpréter depuis des années, je l’ai accepté. Persuadé que l’exemple doit être donné par les vedettes, je me suis efforcé de réaliser la volonté de l’auteur et du metteur en scène pendant trois mois d’amicale collaboration. J’ai rarement rencontré un rôle aussi séduisant pour un acteur que celui d’Albert dans Le Petit Café. Je suis heureux d’avoir pu le fixer sur l’écran.

« Nous avons durement travaillé et ce n’est pas commode en France où tout manque, où il faut tout construire improviser ou remplacer. Je ne serais en tout cas pas étonné de voir le Petit Café qui a été très soigneusement et très artistiquement monté remporter un gros succès. Et je le souhaite vivement pour Diamant-Berger et Raymond Bernard qui sont des chercheurs, des travailleurs, des consciencieux et des artistes

Ainsi s’exprime Max qui s’en retourne en Amérique ce mois-ci; pour glaner de nouveaux millions.

La Rampe du 19 octobre 1919

La Rampe du 19 octobre 1919

Nous, avons en vain tenté d’obtenir de nouvelles précisions de MM. Raymond-Tristan Bernard et Henri Diamant-Berger qui se contentant de se déclarer enchantés l’un de l’autre et anxieux de connaître l’opinion du public.

Il nous a seulement été donné de savoir que le rôle d’Yvonne serait créé par Miss Wanda Lyon, une jeune artiste américaine qui est en ce moment la vedette applaudie de l’Hippodrome à Londres, et qui ne tardera pas à devenir l’idole des Parisiens et à compter comme une grande vedette à l’égal de Fanny Ward, Pearl White et autres Pauline Grandais.

Le rôle du patron de restaurant que créa d’inoubliable façon Germain sera non moins magistralement interprété par Joffre, l’excellent comédien, que nous venons d’applaudir à la Porte-Saint-Martin dans des rôles divers où son talent de composition fit toujours merveille. Le plongeur révélerait un nouveau comique français, M. Henri Debain, à la gaieté franche et communicative. Les autres rôles seront ténus par le correct Halma, l’impeccable Armand Bernard, la belle et somptueuse André Barelly et la fantaisiste Mérindol, sémillante, amusante, désopilante, étourdissante qui formeront une troupe de grand ordre.

La Rampe du 19 octobre 1919

La Rampe du 19 octobre 1919

Et cette brillante distribution égalera, sinon plus, la distribution de la création au Palais-Royal qui réunissait les noms de Le GalloGermain, Levesque, Palau, Clément, Jane RenouardtMadeleine Dolley et Marguerite Lavigne.

La mise en scène a été tout particulièrement, soignée et le décor du Petit Café a été entièrement reconstitué d’après le café qui avait servi de modèle à Tristan Bernard, café déjà célèbre sur toutes les scènes de Paris, de la province et dé l’étranger.

Enfin, la photographie — un des grands atouts du cinéma — est due à l’opérateur Bujard, un des as réputés de la manivelle.

La Rampe du 19 octobre 1919

La Rampe du 19 octobre 1919

La Maison Pathé — reine des maisons cinématographiques — qui s’est assurée pour la France de l’exclusivité de cette comédie cinématographique la présentera prochainement..

Nous ne pensons pas être indiscrets en annonçant que ce gros événement qui comptera dans les annales cinématographiques aura lieu dans les tous premiers jours du mois de novembre.

Nous rendrons d’ailleurs compte de cette répétition générale qui sera certainement aussi courue qu’une grande première théâtrale.

G. de LAPLANE

La Rampe du 19 octobre 1919

La Rampe du 19 octobre 1919

Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 

Pour en savoir plus :

Le site consacré à Max Linder (allemand).

Un long article très fouillé sur la carrière de Max Linder sur le site de DVDCLASSIK.

Un bel article sur Max Linder et sa fille Maud sur le blog la culture entre 2 chaises.

Max Linder dans ses oeuvres.

(c) www.silentcinema.com

Max Linder dans Le Petit Café (c) www.silentcinema.com

« Max Linder : celui qu’on avait oublié, première vedette de cinéma » reportage diffusé le 29 janvier 1964 (c) INA.

Interview de Raymond Bernard le 4 décembre 1973 sur le site de l’INA.

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