« Après Mein Kampf, mes crimes » d’Alexandre Ryder (revue presse 1939/1940)


Pour réagir à notre triste actualité (toute proportion gardée), nous avons souhaité évoquer ce film de propagande qui est l’un des tout premiers en France (pour ne pas dire le seul) à s’opposer frontalement au nazisme et à Adolf Hitler au moment où la France est en guerre avec l’Allemagne depuis quelques mois.

 

Bien sur, « Après Mein Kampf, mes crimes par Adolf Hitler » pêche en de nombreux points par naïveté et simplisme comme beaucoup d’oeuvres de propagande.

Paul Vecchiali dans son Encinéclopédie écrit à juste titre « Les moyens de la Propagande et de la Caricature que Ryder, fustige à propos d’Hitler et du nazisme sont utilisés par son propre film dans des conditions à peu près analogues : pour défendre la Vérité ? On en arrive toujours à la même problématique : doit-on combattre l’ennemi avec ses propres armes pour mieux le confondre et l’abattre ? ». La réponse de Vecchiali et la nôtre est bien sur : non.

Néanmoins, avec le recul qui est le nôtre, reconnaissons qu’il fallait un sacré courage pour réaliser ce film et le sortir au début de la guerre, sachant en plus que son producteur était juif.

 

C’est pourquoi il faut saluer tout ceux qui ont pris le risque de participer à une telle aventure à commencer par son producteur donc, Jacques Haïk (juif d’origine tunisien et personnage important du cinéma français d’entre deux guerres, il fit découvrir Charlot en France), son réalisateur, Alexandre Ryder (d’origine polonaise, qui avait co-réalisé avec Sacha Guitry Le Nouveau Testament) sous le pseudonyme de Jean-Jacques Valjean ! et les acteurs de second rôle à l’époque que sont Line Noro (inoubliable dans Pépé le Moko et dans beaucoup de rôles de compositions dans les années trente), Roger Karl (qui a tourné avec Marcel L’Herbier, Jean Grémillon, Julien Duvivier et Marc Allégret entre autres) et Pierre Labry (Jacques Feyder, Maurice Tourneur, Pierre Chenal, etc.). Signalons aussi la présence pour son premier film ! d’Alain Cuny devenu célèbre deux ans plus tard avec le rôle principal des Visiteurs du soir de Marcel Carné (dans lequel on retrouve également Pierre Labry).

 

Jacques Haïk produisit « Après Mein Kampf, mes crimes par Adolf Hitler » dans ses propres studios de Courbevoie. Le film sortit le 20 mars 1940 dans une salle à Paris :  l’Olympia, qui lui appartenait (tout comme le Rex et le Français).

Les copies du film furent saisis en juin 1940 et détruites mais Jacques Haïk, qui fuira en Tunisie et fera partie des Forces Françaises Libres pour le monde Arabe, a réussi à en conserver une copie qu’il remontera avec de nouvelles scènes et la projettera en août 1945 à Paris.

 

« Après Mein Kampf, mes crimes »

paru dans Pour Vous du 08 novembre 1939

Pour Vous du 08 novembre 1939

Pour Vous du 08 novembre 1939

Voici donc le travail repris. Après Menace (ex-Cinq jours d’angoisse) et Frères d’Afrique, films commencés entre deux guerres et terminés depuis, et avant Pourquoi nous nous battons que va réaliser Léo Joannon, le premier film du temps de guerre est en chantier.

C’est — nous l’avons écrit ici même — Après Mein Kampf…, mes crimes…, de José Lacaze pour le scénario, et pour la mise en scène, de Jean-Jacques Valjean, pseudonyme qui trahit trop clairement des préférences littéraires et sociales pour n’être pas, du même coup, antinazi.
Les techniciens qui ont repris le travail sont Géo Blanc, opérateur ; Hawadier, ingénieur du son ; Georges, photographe ; Tytis, régisseur, et André Dugès, directeur de production. Puissent tous leurs camarades, suivre bientôt…

Pour Vous du 08 novembre 1939

Pour Vous du 08 novembre 1939

Le film démarre en 1918, après l’armistice, alors que les anciens combattants allemands ont fait le serment de ne jamais remettre ça…
Je ne savais vraiment pas tout ce que j’allais découvrir d’horreurs et de trahisons lorsque j’ai commencé ce film, nous confie le metteur en scène. La première trahison d’Adolf Hitler remonte loin : il était un bébé si chérit que la médecine le condamna… il ne mourut point !
» La seconde, je crois bien, fut vis-à-vis des juifs, car ses vingt ans faméliques ne furent nourris, à Vienne, que dans les refuges entretenus de ses deniers par l’israélite baron de Kœnigswarter…
» Nous prenons réellement notre horrible héros en 1932, lorsqu’il parvient sur le terrain politique. Des documentaires montrent son ascension et témoignent qu’elle est due à la finance qui le pousse contre le communisme… Bien entendu, il a lâché ses protecteurs.
» Sur pièces authentiques, nous avons reconstitué des scènes palpitantes : la Saint-Barthélemy nazie, l’assassinat de Roehm, celui du général von Schleicher et de sa femme, l’accusation de Van der Lubbe, rôle interprété par Cuny, pseudo-incendiaire du Reichstag, qui n’était qu’un épisode du plan d’ensemble permettant de se débarrasser à la fois de protecteurs devenus gênants et des communistes opposants ; l’assassinat du chancelier Dollfuss…

— Il me semble que cinéma et radio, une fois de plus, se rencontrent et se complètent utilement. Nous avons récemment écouté sur les ondes Affaires criminelles, une émission qui évoquait sept crimes du Fuhrer choisis parmi bien d’autres, et dont vos images vont renforcer l’horreur tragique.
Toutes les scènes de reconstitution qui relient les documentaires ont été tournées dans des intérieurs véritables, nous n’avons pas fait un jour de studio.

Pour Vous du 08 novembre 1939

Pour Vous du 08 novembre 1939

» L’assassinat de Roehm a été filmé dans la cave d’une villa. Pierre Labry s’est fait le visage de l’infortuné collaborateur du Fuhrer jusques et y compris la cicatrice qui le marquait ; Amato fut le sous-lieutenant chargé du meurtre.
» L’assassinat de la famille von Schleicher fut tourné dans la salle à manger de cette même villa. Si ce procédé oblige à un important déplacement de matériel, il a pour lui l’avantage l’écarter toute idée de décor, de donner un cadre vrai, chose fort importante pour des scènes reconstituées qui devront être intercalées dans des documentaires.
» Le général von Schleicher, c’est Jack Henley ; sa femme, c’est Sandra Milovanoff, grande vedette du muet, qui se montre dans ce rôle d’une émouvante sensibilité ; leur fille, c’est Jacqueline Noël, une élève de Mihalesco, de qui, sans aucun doute, les débuts seront fort remarqués, car elle a beaucoup de talent, ainsi que son camarade de cours, André Valmy, qui incarne Herschel, le petit tailleur juif

— Meurtrier de l’attaché d’ambassade vom Rath ?
Lui-même.  Il fallait de l’argent neuf au Führer : un agent de la gestapo embauché comme ouvrier chez l’oncle de Herschel, tailleur à Paris, poussât le gamin à ce meurtre profitable pour le parti nazi puisqu’il allait permettre de faire peser sur les juifs une lourde taxe exceptionnelle. L’utilité des espions et des agents provocateurs est bien connue d’un homme qui pour le compte de la Reichswehr remplit lui-même cet emploi auprès du parti ouvrier allemand. Le Gestapo-tailleur, c’est Mihalesco, excellent.

» Pendant que nous parlions, tout a été préparé dans le bureau voisin, pour l’agonie de Dolfuss. Voulez-vous y assister ? Nous nous livrons à une débauche de crimes, depuis quelques jours, mais puisque nous retraçons la carrière d’Adolf Hitler…

Pour Vous du 08 novembre 1939

Pour Vous du 08 novembre 1939

Dans le bureau où tombe le crépuscule, un homme est allongé sur le canapé de cuir. Une manche de sa chemise est arrachée ; sa main droite pendante touche le sol, du sang coule sur son bras, les projecteurs creusent son visage et mettent la lumière où il faut pour que l’ombre de la mort trouve sa place sur ces traits d’homme vivant…
Dollfuss était petit ; Dalmais, qui l’incarne, est, debout, sensiblement de la même taille. Etendu, il paraît presque grand. Comme c’est grand, un mourant… Si endurci qu’ait pu être l’assassin du « petit chancelier », quel souvenir immense, écrasant, il a dû garder de sa victime !… Il est ici, l’assassin, ou du moins son double cinématographique, en uniforme réséda et en casque.

L’agonisant parle tout bas, tout bas… Nous n’entendons rien, mais le public entendra, comme Hawadier entend, là-bas, au bout de l’appartement, cette supplication confiée au micro :
Je lui ai ordonné de désigner Rimtelen comme successeur, m’explique l’homme du Führer, il refuse et en ce moment, il me répond qu’on voudrait Schuschnigg. Le bourreau réfléchit une minute et conclut mélancolique : « A la lueur des événements, il est bien permis de dire aujourd’hui que cet espoir déçu n’avait aucune importance. »

Pour Vous du 08 novembre 1939

Pour Vous du 08 novembre 1939

On ferme les rideaux : le déroulement de l’action et les prescriptions de la défense passive sont d’accord pour l’exiger. Le moribond que son bras pendant fatigue joint les mains sur son ventre pendant qu’on règle les lumières. Le cinéma chassé par l’histoire reprend ses droits pour quelques minutes. Nous avons revu la girafe et les micros, et les fils et les spots. 

Nous avons entendu à nouveau les : « moteur », « ça tourne ! », « coupez ! » familiers en des temps plus heureux, sur fond de trahisons et de crimes qui vont faire du public comme du monde entier un jury unanime. La vie recommencera.

DORINGE

Source : Bibliothèque numérique de la Cinémathèque de Toulouse

Voici quelques rares articles parus dans la presse de l’époque.

paru dans Marianne du 22 novembre 1939

Marianne du 22 novembre 1939

Marianne du 22 novembre 1939

Des provisions.

Jean-Jacques Valjean est un pseudonyme.
Celui du metteur en scène polonais qui réalise : Après Mein Kampf, mes crimes. Ce titre est tout un programme.
S’échappant de Varsovie, J.-J. Valjean eut son train bombardé trois fois. Il emportait des mètres de pellicules accablantes pour l’armée allemande.
A la frontière roumaine, pour plus de sécurité, il découpa ses films en petits rouleaux et les plaça dans des boîtes de fromage.
— Des provisions ?. demanda le douanier.
pour nourrir la propagande anti-nazie.

paru dans Marianne du 03 janvier 1940

Marianne du 03 janvier 1940

Marianne du 03 janvier 1940

Le metteur en scène J-J. Valjean a eu la très bonne idée — ou la prétention — de mettre en scène « Après Mein Kampf, mes crimes ». Des bouts d’actualité serviront de toile de fond, puis il a reconstitué les journées de massacres, l’assassinat de Roehm, de Schleicher. la mort de Dollfuss.

Pour le moment, de la rue François-Ier, bien française, on entre sans transition dans la demeure cossue et riche d’une famille allemande.
Un seul détail « pauvre » — les spectateurs ne s’en apercevront heureusement pas — il fait froid, un froid glacial, implacable, miteux, qui tombe de la charpente de fer, qui s’infiltre sous les fausses portes lambrissées du beau salon, qui glace l’enthousiasme de chacun.

Tous, metteur en scène, vedettes, machinos, assistants, attendent depuis deux heures que le son « entende ».
L’ambiance est morne. La famille allemande a froid.

La mère (Line Noro), emmitouflée de fourrures, silencieuse, recroquevillée dans un fauteuil, considère, navrée, dans une glace son nez qui rougit, ses traits qui se figent. Elle ne s’éveille de sa torpeur engourdie que pour compter les mailles du confortable pull-over d’un « machinot » et s’écrie soudain attendrie ; « Je tricote tout le temps depuis la guerre ».

Le père (Roger Karl), un officier allemand fringant, monoclé, botté. Pour le moment, il a l’oeil triste, les joues tombantes, le front plissé de froid. Il arpente le plateau, les yeux fixés sur ses bottes. Il se lamente : « Elles sont moches. Ce sont des bottes de simple soldat. Elles ne brillent pas ».

Le fils (Guy Denancy), très  « jeunesse hitlérienne ». Chemise kaki, brassard à la croix gammée, cheveux roux, yeux bleus, teint frais, attend silencieusement. Il pense à son texte et au froid qui l’envahit. Dans un coin du salon, deux figurants discutent « races » et « problèmes raciaux » avec de forts accents d’Europe Centrale.

Enfin, on annonce que le micro est réparé.
On répète une dernière fois, L’enfant de nazi donne la réplique :
Je ne comprends pas, père. Vous redoutez la guerre. Il n’est pas un jaune hitlérien qui la craigne.

Guy Denancy en frémit encore. Une habilleuse lui tend une tasse fumanté de viandox. Il était temps.
Demain, il fera arrêter son père.

Monique Berger

« Après Mein Kampf, mes crimes » sort à Paris à l’Olympia le 20 mars 1940, comme le prouve cet encart paru dans Le Figaro le 14 mars 1940 (qui ne chroniquera pas le film) :

Le Figaro du 14 mars 1940

Le Figaro du 14 mars 1940

***

Marianne publiera cette chronique pertinente une semaine après sa sortie.

paru dans Marianne du 27 mars 1940

Marianne du 27 mars 1940

Marianne du 27 mars 1940

Il y aurait beaucoup à écrire autour de ce film ; mais, je suis prévenu, « on » ne me le permettrait pas. Cela est dommage pour mes lecteurs, car ces petites anecdotes, que je ne conterai pas, sont des plus plaisantes ; mais le plus regrettable est qu’elles comportent une moralité qui pourrait être profitable à ce « on » mystérieux qui s’engourdit quelque peu à force de n’entendre que le son de l’unique cloche qu’il nous contraint de sonner. Mais je me tais, car ce sujet est dangereux ; et, ne pouvant parler autour du film, je parlerai sur lui.

« Après Mein Kampf, mes crimes » est un documentaire de propagande.
Enfin, se dira-t-on, voilà ce que nous attendions depuis plusieurs mois !

Oui, nous attendions, certes, mais nous n’attendions pas cela. Nous nous figurions candidement que des spécialistes avertis étudiaient ce problème vital de la propagande cinématographique ; nous espérions qu’ils découvriraient d’ingénieuses solutions pour imposer insidieusement aux masses la connaissance de certaines vérités que les alliés se doivent de répandre dans le monde ; nous souhaitions, enfin, que ces productions tendancieuses n’eussent point l’air d’avoir de tendances.

Or, Après Mein Kampf est le type même du film qu’il ne fallait pas faire.
Tout dans cette œuvre est voulu, appuyé, outrancier et enfantin ; c’est de la propagande en sabots qui ne peut avoir d’influence sur personne.

Les Français sont fixés, je pense, sur la duplicité et l’amoralité d’Adolf Hitler ; alors, à quoi bon leur ressasser ces méfaits matériels du nazisme qu’ils connaissent par cœur ? Quant aux étrangers, aux neutres, qui, en réalité, représentent le seul public que devrait toucher notre propagande cinématographique, ils n’admettront jamais qu’un film sur l’Allemagne soit présenté avec une partialité aussi manifeste. De tous côtés, la tentative est vaine ; elle ne peut utilement servir que comme une démonstration de ce qu’il ne faut plus réaliser dans ce genre, si l’on veut agir efficacement sur l’esprit des foules.

Dans un pays libre, la propagande, pour être convaincante et puissante, doit être absolument inapparente. Les hommes, comme les animaux, ne se prennent qu’aux pièges qu’ils ne voient pas. L’araignée ne tisse point sa toile avec des cordes ; semblables à elle, les cinéastes chargés de produire un film comme celui dont nous nous occupons ne devraient jamais laisser transparaître leurs intentions au travers de l’affabulation dramatique choisie par eux, pour servir de support au but patriotique de leur entreprise.

Après Mein Kampf, mes crimes, a été réalisé sur le modèle des Aveux d’un espion nazi. La technique est la même : utilisation de fragments d’actualités anciennes, mélangés à des sketches reconstitués au studio. Cette formule est conventionnelle et absurde.

Aucune action ne peut avoir de continuité dans ces conditions. De plus, les changements de qualités photographiques provenant des différences qui existent entre ces contretypes que l’on tire d’après les vieilles actualités et la photographie directe des scènes nouvelles, créent un malaise visuel indescriptible. Ces ravaudages sont inadmissibles, même à l’occasion d’une intention rétrospective, dans l’état actuel de la technique cinématographique.

Le sujet du film, c’est l’histoire de cet étrange chancelier du Reich, aventurier sans scrupules, profiteur sanglant de toutes les opportunités politiques. Ce thème n’est guère original.

La pâle et triste radio française, il y a quelques mois, avait déjà exploité ce filon. Ce n’était d’ailleurs pas plus brillant au micro qu’à l’écran, car Hitler est un individu parfaitement ennuyeux. Pour agrémenter l’ensemble du film, les producteurs de Après Mein Kampf, ont fait confectionner de petites saynètes qui rappellent à la fois l’Ambigu et le Casino de Paris : l’Ambigu par l’excès du sentiment dramatique, le Casino de Paris, par la conception de ces sketches intercalaires à trois ou quatre personnages. Tous ces éléments constituent un ensemble informe sans grand intérêt, où la propagande ne trouve ni force, ni aliment substantiel.

MM. Roger Karl, Labry et quelques autres comédiens jouent des rôles sans relief, Mme Line Noro, au cours d’une scène impossible, pleure interminablement avec une conviction soutenue.

Quant au cardinal Verdier, je m’excuse de le citer parmi les acteurs, nous le voyons interpréter le personnage du « cardinal Verdier » avec beaucoup de simplicité et de talent, dirai-je même : son interview sur le racisme est le meilleur passage du film.

Je me réjouissais de lire sur l’affiche le nom d’un nouveau metteur en scène au nom bien français : Jean-Jacques Valjean, en pensant que Après Mein Kampf était sa première réalisation et qu’il ferait sans doute des progrès, lorsque quelqu’un me dit que ce nom si français cachait depuis peu la personnalité d’un metteur en scène étranger, fort connu autrefois sous un autre nom. Etant donné la nature du film, comment cette supercherie serait-elle possible ? Je ne puis croire cette affirmation.

Senterre

 

paru dans Le Journal du 06 mars 1940

Le Journal du 06 mars 1940

Le Journal du 06 mars 1940

Le public parisien verra samedi prochain à l’Olympia, un film passionnant, dont le titre explique déjà le thème : « Après Mein Kampf, mes crimes, par Adolf Hitler. »
En effet, cette production, mise en scène par Jean-Jacques Valjean, d’après le scénario de José Lacaze, retrace la vie d’Adolf Hitler, chef de bande.
Fidèlement reconstitués à l’écran, nous verrons dans ce film de saisissants tableaux qui nous montreront toute la lâcheté de Hitler, la façon dont il fit exécuter Roehm et von Schleicher, et les abominables poursuites des nazis contre tous ceux qui n’épousent pas la religion du parti !
La Gestapo à l’œuvre, voilà surtout ce que nous verrons dans ce film qui vient à son heure, car il nous apporte de précieux enseignements sur le terrorisme nazi et sur les agissements de la « bande » organisée par Hitler. Mgr le cardinal Verdier paraît dans ce film, où il condamne en quelques paroles les atrocités des chefs nazis.
Roger Karl, Line Noro et dix autres vedettes sont les principaux interprètes de ce film sensationnel dont l’actualité même ajoutera encore à l’intérêt de ces images qui constituent un écrasant réquisitoire contre Hitler, chef de bande.

Mais le 10 mars le film est déprogrammé de l’Olympia et Le Journal publie cet encart (après avoir annoncé qu’à la place l’Olympia a projeté Gardes-côtes, un film de Edward Ludwig ) :

Le Journal 10 mars 1940

Le Journal du 10 mars 1940

Le lendemain le 11 mars est publié cet encart :

Le Journal 11 mars 1940

Le Journal du 11 mars 1940

puis le 12 mars…

Le Journal 12 mars 1940

Le Journal du 12 mars 1940

Finalement le 13 mars est annoncé la sortie du film mais aucune critique du film ne suivra dans ce quotidien (comme d’ailleurs dans beaucoup d’entre eux)…

Le Journal du 13 mars 1940

Le Journal du 13 mars 1940

 

L'Intransigeant du 09 mars 1940

L’Intransigeant du 09 mars 1940

Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Finalement on trouvera une dernière chronique du film dans la célèbre revue L’Ecran Français daté du 01 aout 1945.

 

L'Ecran Français daté du 01 aout 1945

L’Ecran Français daté du 01 aout 1945

L'Ecran Français daté du 01 aout 1945

L’Ecran Français daté du 01 aout 1945

Source : Collection personnelle Philippe Morisson

Pour en savoir plus :

La bande-annonce de Après Mein Kampf, mes crimes.

La page dédié au film sur le blog Films Regent-Archives Jacques Haïk.

La page Facebook de La Bobine, la page du film et des amis de Jacques Haïk.

Extrait du documentaire La Bobine à propos de l’Olympia.

Début du documentaire La Bobine produit par Keren Production.

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