A bas la Censure par Henri Jeanson (Pour Vous 1939)


C’est dans le numéro 551 daté du 7 juin 1939 dans la revue Pour Vous que paraît cet article d’Henri Jeanson s’élevant contre la Censure. Il s’en prend avec une belle ironie à René Bizet, qui défendait la Censure dans un numéro précédent (que nous reproduisons ci-dessous).

Signalons que René Bizet était l’un des critiques du quotidien L’Intransigeant et également romancier/poète.

Article d'Henri Jeanson sur la Censure (Pour Vous 1939)

Article d’Henri Jeanson sur la Censure (Pour Vous 1939)

A bas la Censure par Henri Jeanson

Nous avons publié, dans notre précédent numéro, un article de René Bizet intitulé : « Il faut une censure ».
Voici un réponse fulgurante de Henri Jeanson. Nous la publions avec le souci d’impartialité qui est notre règle, mais sans vouloir soulever une polémique. Nos lecteurs auront eu connaissance des deux thèses. Ils jugeront, en toute bonne foi. – NDLR

René Bizet, avocat du diable et diable d’avocat, a plaidé ici, avec toutes les apparences de la conviction, la cause de la censure…
Mauvaise cause.
J’espère pour Bizet qu’il a été commis d’office et que la censure, qui est intellectuellement une bien pauvre, une bien misérable personne, a bénéficié de l’assistance judiciaire.

Je n’oublie pas, en effet, que René Bizet est l’auteur d’Avez-vous vu dans Barcelone ?…, un livre où il chante, avec quelle émotion et avec quel lyrisme, la tristesse mélancolique des maisons de joie, et de Saxophone, un ravissant recueil de vers.

…Sur ta peau triste de blonde
Ont trainé tous les désirs
De tous les marins du monde
Que tu n’as pas su guérir.
De tous les beaux paysages
Qu’ils ont gardés dans leurs yeux,
Je trouve sur ton visage
Le ciel mouvant et soyeux.

…………………………………………..

Ouvre tes bras que j’y jette
Tous mes regrets à mon tour
Et qu’en mon coeur se reflètent
Les soleils de tes amours…

Quand on a écrit de tels vers, quand on suit à la trace sur le corps d’une blonde et adorable prostituée les désirs des marins qui sont passés par là, on ne peut pas sérieusement trouver qu’Anastasie, avec ses grands ciseaux, son menton pointu et ses dents jaunes a du charme, de la grâce, du sex appeal, du je ne sais quoi et du revenez-y.

René Bizet, ayant chassé le romancier qui somnole en lui – on voudrait qu’il fût plus souvent éveillé – et congédié le poète qui l’importune, prétend que la censure n’interdit aucun sujet, puisqu’elle nous a permis d’admirer Scarface, Toute la ville en parle et – tenez-vous bien ! – Angèle

Il ajoute qu’il voudrait bien savoir « ce qu’auraient souhaité d’écrire Jeanson ou Steve Passeur, au lieu et place
de ce qu’il a entendu de la bouche des personnages auxquels ils ont donné la parole ».
En vérité, je m’étonne que Bizet s’étonne que la censure ait accordé son étonnant visa à l’étonnante Angèle.
L’étonnement ravi de Bizet constitue déjà une charge contre cette censure qu’il se plaît à louer…

Interdire Angèle !
Et pourquoi, s’il vous plaît ?
Interdire Angèle ?
Il n’eût plus manqué que cela !

La censure qui n’a pas boycotté Scarface — encore merci — et qui a autorisé la projection d’Angèle — elle est
bien bonne — a, par contre, défendu à Carné de réaliser L’Île des Enfants perdus, de Jacques Prévert.
Un film sur l’enfance malheureuse.
En République, l’enfance ne saurait être malheureuse — le malheur est interdit sous peine d’amende — loi de
1881 — et si, par malheur, malheur il y a, ce malheur-là doit être soigneusement dissimulé.

De la beauté avant toute chose.
Le malheur n’est pas beau à voir.
C’est pourquoi la misère, le chômage, la guerre, la corruption, l’erreur judiciaire, le trafic d’influence, le scandale
politique ou journalistique sont interdits de séjour dans les salles de cinéma.
Partout ailleurs, il est vrai, chômage, misère, guerre, corruption, erreur judiciaire, trafic d’influence, scandale politique ou journalistique ont droit de cité.
Ceci compense cela.

Si quelque nouveau Beaumarchais, quelque nouveau Molière, quelque nouveau Shakespeare, quelque nouveau Diderot prétendait se servir de la caméra comme moyen d’expression, on le renverrait sans tarder à ses tirages limités…

Henri Jeanson dans pour Vous en 1939

Henri Jeanson dans pour Vous en 1939

Et puisque Bizet me pose une question, qu’il me permette d’y répondre.

J’ai là, sous les yeux, la fiche de censure d’Entrée des Artistes. Entrée des Artistes n’est pas, que je sache, un film de violence, un film polémique. Ce n’est pas non plus un film érotique. C’est une simple histoire d’amour, qui se déroule dans le cadre du Conservatoire.

Voici les indications du scénario :

« Le juge est à son bureau. Fleurs sur la table et nécessaire à ongles. Pendant cette scène, le juge se limera les
ongles, se passera le polissoir, etc. »
Et voici les observations de M. Edmond Sée (1) :
« Tout ceci est à supprimer. Les deux dernières répliques du juge : « Déjà des arguments de coupable » — « Déjà le maquis de la procédure » et la fin de la tirade sont à supprimer. »

La fin de la tirade est la suivante :
« Quand on se réfugie derrière la loi, c’est qu’on ne se sent guère innocent ! »
« Supprimer encore dans la bouche du juge :
— Je ne suis pas du tout entraîné par la partialité, puisque je prends le temps de faire de l’esprit !
— Vous ne vouliez pas de l’amour de cette jolie femme… Etrange. Vous ne manquez pas de prétention, mais vous manquez de galanterie posthume, »

Voici le dialogue d’amour entre François et Isabelle :
ISABELLE. — C’est vrai que ça s’est passé comme ça? (Elle respire). Ça sent bon, l’herbe.
FRANÇOIS. — Je t’ai poussée sur le talus: comme ça.
ISABELLE. — Je me suis défendue comme ça.
FRANÇOIS. — Je t’ai traitée de folle.
ISABELLE. — Je t’ai tiré les cheveux
(Elle lui tire les cheveux).
FRANÇOIS. — Oh là!
Ils roulent sur le lit et luttent comme des gosses. Il la mord.
ISABELLE. — Tu me mords.
FRANÇOIS. — Je t’ai mordue, ce jour là!…
Ils sont essoufflés. On frappe à la porte. Elle est sous lui, parmi les draps défaits et les oreillers en désordre. Il la regarde.

Et voilà les observations d’Edmond Sée :
« Il conviendra d’atténuer le réalisme des attitudes de François et d’Isabelle et de diminuer leur désordre vestimentaire. »
Et voilà aussi, à titre de curiosité, les observations de M. Sée, juriste, tartufe et fonctionnaire :
« Le juge interrompt l’avocat de François d’une manière incorrecte. Il semble vouloir entraver la tâche de la défense: le texte devra être modifié de telle sorte que l’avocat pourra poser une question au témoin ou bien l’auteur lui fera garder le silence…
… Quoique Lurette et le juge se connaissent, leur attitude est trop négligée, surtout en présence d’Isabelle. D’autre part, la phrase « vous vous souvenez ? Nous avons débuté ensemble — vous comme petit inspecteur, moi dans les chiens crevés — et c’est la même affaire qui nous a sortis » est à supprimer. »

René Bizet peut-il justifier les incohérentes exigences de M. Sée ?

Henri Jeanson et Marion Delbo (Pour Vous 1939)

Henri Jeanson et Marion Delbo (Pour Vous 1939)

La censure ne s’exerce d’ailleurs que contre les grands metteurs en scène.
Les metteurs en scène médiocres, les calicots de la pellicule qui débitent du film au mètre et qui s’efforcent seulement de satisfaire les désirs de l’honorable clientèle, ne se plaignent pas de la censure.
Au contraire.
Ils se félicitent de ses rigueurs.
La censure leur assure une aimable tranquillité.
Plus de soucis.
On se repose sur elle.
Elle leur permet de tourner en rond…
Quant aux producteurs, ils souhaitent que la dictature de M. Sée dure encore bien longtemps.
Que veulent-ils, les producteurs ?
Vendre le plus de camelote possible, dans les meilleures conditions possibles.
Et pas d’histoire. Ah ! surtout pas d’histoire !

Au fond, Carné, avec ses ambitions et sa force, Duvivier, avec son goût du malheur et sa brutalité, Renoir, avec sa violence et son érotisme, Clair, avec son ironie, Allégret avec sa perversité, tous ces gens avec leur personnalité, leur tempérament, troublent leur commerce.

Et ils sont bien contents que la censure soit là, avec ses accessoires d’intimidation, pour ramener à la raison ces
terribles artistes:
— Moi, si je prie Carné de supprimer cette scène, il m’enverra promener. Mais si M. Sée exige la même suppression. Carné devra s’incliner !

Ce que je demande, moi, Bizet, ce n’est pas la suppression de la censure, c’est que cette censure exerce son pouvoir avec goût, avec discernement, avec tact et avec justice.

Je n’admets pas qu’on inflige au scénario que Marcel Achard écrit pour Allégret, au scénario que Prévert écrit pour Carné, au scénario que Renoir écrit pour Renoir, au scénario qu’Anouilh écrit pour Raymond Bernard, au scénario qu’Alexandre Arnoux écrit pour Duvivier, au scénario que Mac Orlan écrit pour Feyder le même traitement qu’au vaudeville militaire ou qu’au drame réaliste que M. Truc, le scénariste de La Java de Julot écrit pour MM. Cagon et Huron, les réalisateurs de Flagellation et de La Rue sans Plaisir

Je demande une différence de traitement.
Je demande que les artistes ne soient pas traités comme des pornographes.
Et que les pornographes ne soient pas traités comme des artistes.
Seulement voilà…

On fait une loi pour gêner le commerce des cartes transparentes et, finalement, ce sont les toiles de Pascin dont
on interdit l’exposition!…
Comme les grands magasins, la censure officielle des messieurs en jaquette a des succursales qui fonctionnent en
province et dont le personnel, en période électorale, trafique fort adroitement de la vertu.
Les ligues de pères de famille, les groupements catholiques, les clubs politiques exercent sur les municipalités un
chantage permanent.

Ici, on jette l’interdit sur Hôtel du Nord.
Là, on met à l’index Quai des Brumes.
Ailleurs, on excommunie Pépé le Moko, Les Bas-Fonds, Le Crime de M. Lange.
La Fin du Jour vient d’être l’objet d’un boycottage général…

Une vieille demoiselle, présidente d’une ligue de moralité composée d’autres demoiselles peut, dans certaines villes, obtenir la suppression de telle scène qu’elle juge choquante.
Combien de temps ce régime durera-t-il ?

Henri Jeanson et Marcel Achard (Pour Vous 1939)

Henri Jeanson et Marcel Achard (Pour Vous 1939)

Il manque au cinéma un producteur, un animateur qui soit aussi un homme de parti pris, quelqu’un de passionné et de courageux.
Il manque un Antoine.
Au Théâtre Libre et au théâtre du boulevard de Strasbourg qui porte son nom, Antoine produisait les pièces de ses amis: Zola, Brieux, Hennique, Lucien Descaves, François de Curel, Pierre Wolff, Courteline et Edmond Sée.

Souvent, il se heurtait aux exigences de la censure théâtrale, car il y avait, à cette époque, une censure théâtrale.
Mais Antoine aimait son métier.
Mais Antoine était un homme libre.
Et un jour que la censure prétendait interdire Les Avariés, de Brieux, Antoine décida que la censure avait vécu…

Il organisa au Théâtre Antoine une représentation, malgré la censure qu’il ridiculisa. Le ridicule tuait encore, à ce moment-là.
Il y eut une interpellation à la Chambre.
Et, quelques jours plus tard, la censure théâtrale rendait le dernier soupir.

Malheureusement, elle laissait une petite fille : la censure cinématographique.
Et cette petite fille fut adoptée par M. Edmond Sée, dont Antoine monta les premières pièces…

Pauvre Edmond Sée
Le voilà fâché avec sa jeunesse.
Comme c’est triste !
Des amis de cinquante ans!…

Pour exercer sa coupable profession de censeur, M. Edmond Sée doit oublier le Théâtre Libre, ses débuts. Antoine, Ibsen, Lucien Guitry, Réjane
Il a dû les retrancher de sa mémoire.
Les couper…
Je le plains d’être obligé, pour vivre sans remords, de censurer sa jeunesse et de prohiber ses souvenirs.

H. J.

(1) Sa fiche Wikipédia ne le mentionne pas, mais Edmond Sée a été le président de la Commission de Censure cinématographique dans les années trente (cf ici et ).

Par souci d’objectivité également, voici l’article de René Bizet paru la semaine précédente (n°550, 31 mai 1939) auquel Henri Jeanson faisait référence.

« Mais oui… Il faut une censure»  par RENE BIZET

Article de René Bizet pour la censure (Pour Vous 1939)

Article de René Bizet pour la censure (Pour Vous 1939)

LA première fois que j’ai compris la nécessité de la censure au cinéma, c’était au Gaumont-Palace, il y a quinze ans.

Nous faisions répéter avec des camarades une revue qui comportait quelques scènes cinématographiques, entre autres une valse que nous avions eu l’idée de présenter « au ralenti ».
Dès que nous vîmes les images du plus innocent des divertissements tournées à une cadence très lente, tous autant que nous étions dans la salle à en suivre la vision nous nous écriâmes : « C’est impossible ».
Cette valse ainsi montrée devenait d’une obscénité insupportable. Et pourtant si, poussant jusqu’au bout notre expérience, nous avions décidé d’incorporer cette scène à l’écran dans notre revue, nous aurions eu pour la censure alarmée une réponse toute prête : « Vous n’allez tout de même pas exiger que nous coupions une valse ! ».
Et je n’ai pas de peine à imaginer quels articles vengeurs  nous eussions pu écrire, en déplorant qu’une institution  périmée et timorée fît interdire une valse filmée…

Quoi qu’en pensent maints charmants esprits, le cinéma n’a rien de commun, quand il s’agit de la censure, avec le texte imprimé ou avec une pièce de théâtre. Il est inutile, je pense, de le démontrer. Il n’est que de réfléchir un instant pour en être convaincu.
— Mais, me diront les défenseurs de la prétendue liberté du scénariste et du metteur en scène, il ne s’agit pas de l’image, il s’agit du choix du sujet et du dialogue.
Soit.
Tenons-nous en donc à ces deux points de vue.

* * *

Le choix du sujet ?

On me permettra bien de dire que je ne vois pas quel sujet la censure, même aux Etats-Unis où elle fut, nous dit-on, particulièrement sévère, a interdit aux metteurs en scène ! Qu’elle ait pendant longtemps refusé son visa à des films de gangster, je n’y trouve pas d’inconvénient : elle ne nous a empêché d’admirer ni Scarface — le modèle du genre — ni Toute la ville en
parle, ni deux ou trois autres productions de valeur. Elle a même toléré des dizaines de bandes qui ne valaient pas mieux que les bandits qu’elles nous montraient.

A-t-on eu le sentiment d’avoir été privé d’un chef-d’œuvre ? Non.
Que cette même censure ait pensé que, par égard pour les millions d’enfants qui vont dans les salles de cinéma de l’autre côté de l’Atlantique, il fallait éviter que les scènes d’amour fussent trop libres et les gestes trop hardis, cela ne nous en a pas moins permis de constater qu’on pouvait tout faire comprendre aux grandes personnes, sur l’écran, et je crois bien que Ernst Lubitsch et Von Sternberg dans Désir et dans Blonde Vénus, n’ont rien fait pour diminuer ce qu’on appelle le sex appeal de Marlène Dietrich, malgré les apparences.

Notre censure nous a-t-elle interdit de voir Angèle, d’après un roman de Giono ? Interdit-elle qu’on prenne dans Zola, dans Flaubert, dans Mauriac, dans Pierre Mac Orlan, dans Francis Carco les sujets que les livres ont répandu dans le grand public ?

Je me demande ce que Marcel Carné peut exiger qu’on lui tolère pour l’écran, qui n’était pas dans Hôtel du Nord ?
Et qui donc lui a reproché, après cette réussite, le choix du milieu et des personnages ?

* * *

Le dialogue ?

Je ne détesterais pas que les censeurs fussent doublés de professeurs de français, car en bien des cas ils panseraient les blessures qu’on fait à notre grammaire, et je ne leur en voudrais pas s’ils interdisaient les mots de Cambronne qui donnent, m’assure-t-on, plus de vigueur au langage.

Mais je voudrais bien savoir ce qu’auraient souhaité d’écrire d’excellents spécialistes comme Jeanson ou Steve Passeur au lieu et place de ce que nous avons entendu dans la bouche des personnages auxquels ils ont donné la parole. Pour moi, et je m’en excuse, j’ai, dans la plupart des occasions, trouvé précisément que leur dialogue me  satisfaisait pleinement.

Que la censure se méfie des films politiques, je ne l’en blâmerai pas, au contraire. Pour aussi longtemps qu’il n’y aura pas de salles nettement spécialisées, je comprends fort bien qu’on ne veuille pas transformer les cinémas de nos quartiers en salles de réunions publiques.

Encore une fois, quand on parle de la censure cinématographique, il faut penser que en principe, un film est fait pour un immense public, comprenant femmes et enfants, et que si l’on n’établit pas de distinctions très nettes entre les genres, si on ne prévient pas les spectateurs — comme ils le sont au théâtre par le seul nom de la salle où l’on joue une comédie — de la tendance du film, on risque à tout instant de froisser des susceptibilités et des sentiments que les détracteurs de la censure peuvent déplorer, mais qui existent, c’est un fait. Il faut en tenir compte.

La censure n’est pas faite pour les metteurs en scène médiocres. C’est de quoi je la loue et la louerais encore davantage si sa sévérité s’exerçait contre les stupidités dites commerciales et si elle ne prenait pas trop ses inspirations dans les cabinets ministériels.

Une censure exercée par la corporation cinématographique elle-même me semblerait bien préférable à toute autre.
Elle réunirait des compétences : metteurs en scène, scénaristes, exploitants et représentants du public. Elle serait libre de juger cinématographiquement.

Ce que l’on peut redouter, en effet, c’est que la censure gouvernementale soit une des formes de la prise que l’Etat voudrait avoir sur le cinéma.
Là le danger devient grave, parce que les Etats totalitaires de Russie, d’Allemagne et d’Italie nous montrent que c’est la liberté de penser qu’on opprime. Il faut faire des films dans la ligne du gouvernement.

Une censure, indispensable dans l’état actuel du cinéma chez nous, ne doit être qu’une entrave à la licence et qu’un frein aux excès de la mode.
C’est Oscar Wilde qui a écrit : « Il n’y a pas d’oeuvre morale ou immorale, il y a de grandes œuvres ou de médiocres. »

Si vous faites les Hauts de Hurlevent on ne s’inquiétera pas de votre moralité ; si vous faites Tradition de minuit  (1) on a le droit de vous demander des explications.
Qu’on s’en tienne là.

RENE BIZET.

(1) Film de Roger Richebé avec Viviane Romance.

 

 

Source : Bibliothèque numérique de la Cinémathèque de Toulouse

 

 

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