Notice biographique de Carette (Pour Vous 1935)


C’est dans le numéro 255 daté du 5 septembre 1935 de Pour Vous que l’on trouve cet article sur Carette par Doringe.

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Notice biographique de Carette

Julien Carette — on dit généralement « Carette » tout court — est né à Paris, d’un père toulonnais et d’une mère parisienne, le — oh ! tant pis ! allons-y, il dit tout ! — 33 décembre 1897.
Son adresse est 55, rue Truffault, à Paris. Il est très content de recevoir des lettres, mais répond fort rarement, malgré d’excellentes intentions qu’il affirme la main sur le coeur.

Particularités physiques et morales.
— Taille : 1 m. 61 : pas très grand, c’est exact. Mais très gai et très gentil.
Poids variant de 55 à 60 kilos, suivant les jours et le costume. Cheveux bruns. Yeux variant du brun au vert, suivant l’éclairage.
Voix traînante, un peu faubourienne. Beaucoup d’entrain et de bonne humeur. Ne se fâche pas dans les mille et deux occasions où ce serait légitime, voire normal. Se met en colère, avec une violence déchaînée,
une fois par an, et toujours pour un motif insignifiant. Ne connaît
guère ses qualités et n’aime pas dire ses défauts.
Avoue toutefois qu’il est effroyablement paresseux. Ne pratique pas les
sports ; fait de tout un peu, ce qui peut être utile pour les films, mais rien très bien. Se tient honnêtement en selle tant que le cheval ne bouge pas ; ne répond plus de rien s’il bouge. Aime la campagne et la mer, mais pas beaucoup la ville.
Dans les intervalles de ses films, lit un roman par semaine et s’ennuie
en attendant un nouveau travail. Ça n’a pas l’air très aimable pour Mme Carette, mais ce n’est pas du tout ainsi qu’il l’entend : le studio lui manque. Comme à tous ses camarades. A moins qu’il soit en vacances, alors rien ne lui manque plus, il est très content. Jusqu’au prochain film.

Sa vie.
— Etudes au collège Chaptal. Rien appris. Toujours resté à la même classe, d’où, en fin de compte, comme il s’y retrouvait chaque année sans espoir d’en sortir tout seul, on l’a renvoyé.
Un an à ne rien faire, qu’à exaspérer ses parents, qui le mettent successivement dans les assurances, aux chemins de fer de l’Etat, au Printemps. Là, placé à la porte comme débiteur, il s’ennuie si prodigieusement qu’il entreprend le racolage de la clientèle par un véritable boniment de camelot. Le troisième jour, est renvoyé pour ce manque de tenue.
Il se risque à passer une audition à l’Odéon où on manque d’hommes. On l’essaie dans les jeunes premiers. Il déclare, d’un air timide, modeste
et navré, qu’il n’a pas très bien réussi dans cet emploi. Joue par-ci par-là de petits rôles, parfois des rôles minuscules. L’un de ses meilleurs souvenirs de théâtre date de douze ans : c’est Le Greluchon délicat, qu’il a repris à l’écran à côté de ses deux camarades de la scène, Harry Baur et Paul Bernard.

Au cinéma.
— Tourne peu de chose au muet, et préfère ne pas s’appesantir sur ce peu. Débute au parlant chez Braumberger dans de petits sketches.
Puis, trois films à la Ufa : Moi et l’Impératrice, Georges et Georgette avec Meg Lemonnier, Adieu les beaux jours avec Brigitte Helm et Jean Gabin.
Retour à Paris. Le Greluchon délicat, J’te dis qu’elle t’a fait d’l’œil, La Clef des champs, Parlez-moi d’amour, Dora Nelson avec Elvire Popesco, Nuit de noces, avec Florelle et Armand Bernard, La Vie est si belle, de Forrester, avec Albert Préjean, Max Dearly et Monique Rolland, et enfin Fanfare d’amour avec Fernand Gravey et Betty Stockfeld.

Carette dans Pour Vous 05.09.1935

Carette dans Pour Vous 05.09.1935

Carette passera à la postérité plus tard pour ses rôles dans La Grande Illusion et La Règle du jeu de Jean Renoir, et Les Portes de la nuit de Marcel Carné.

Source : Bibliothèque numérique de la Cinémathèque de Toulouse

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