Marcel L’Herbier (Cinémagazine 1921)


C’est dans le numéro 1 daté du 21 janvier 1921 de la revue Cinémagazine que parait cet article sur Marcel L’Herbier qui la même année réalisera El Dorado, son premier chef d’oeuvre. Aussi cet article prend tout son sel car à l’époque de la rédaction de celui-ci (non signé) le grand réalisateur de L’Inhumaine n’était qu’un jeune, prometteur.

Cinémagazine 21.01.1921

Portrait de Marcel L’Herbier dans Cinémagazine en 1921

 

Galerie des Auteurs  et  Metteurs  en scène : Marcel L’Herbier

M. Marcel L’Herbier a débuté au cinématographe en 1917. Ce fut bien par hasard… Ayant rencontré du côté de Sils-Maria un torrent qui lui avait paru suggestif, il lui proposa le rôle principal d’une action dramatique imaginée pour l’écran. L’affaire fut conclue. Des difficultés ayant surgi à la dernière heure, il dut faire doubler sa vedette par un torrent de l’Esterel. Cette doublure s’en tira d’ailleurs fort bien. L’essentiel fut sauvegardé, la distribution conservant les noms des autres protagonistes : Signoret qui fut éclatant, Henri Roussel qui se montra émouvant, Jacque-Catelain dont les débuts promirent tant de chaleur et tant d’éclat… Et Le Tout s’appela Le Torrent.
Un peu après, M. Marcel L’Herbier donna Bouclette, que MM. Mercanton et Hervil mirent en scène d’après un scénario intitulé L’Ange de Minuit. Nul ne le conteste ; leur réalisation fut luxueuse, directe, commerciale, instructive… Peut-être, pourtant, l’on songe à regretter qu’elle ait mieux rendu les côtés sentimentaux et mélodramatiques du scénario que sa signification poétique profonde ; Bouclette aurait pu être le drame de la Bonté punie, même par un Pierrot nostalgique (Signoret) et par une poupée de féerie… un jouet précis, nouveau, déconcertant, électrique : Gaby Deslys !  Ce ne fut pas tout à fait cela : ce fut un succès mondial… La charmante romance de la fleuriste et du bohème prodigue.

Rose-France marque les débuts du poète comme visualisateur. Cette cantilène, on le sait, fut fort mal accueillie. On y vit tout en noir : or, elle était « en noir et blanc ». Et l’on alla même jusqu’à reprocher à son auteur une certaine néologie qui, depuis, convenons – en… En tout cas, ce film ne fut pas perdu pour tout le monde ; et grâce à lui, M. René – Jeanne reçut gratuitement de Laurent Tailhade moribond, une suprême leçon de style.
Depuis, M. L’Herbier produisit pour Gaumont, des films inégaux : Le Carnaval des vérités, L’Homme du Large, Villa Destin, inégaux, voulons-nous dire inégaux comme  métrage !… Or, le premier ayant 2.200 mètres, le deuxième 1.700 mètres et le dernier 1,200 mètres, on peut en induire qu’en continuant dans ce sens, l’auteur dépassera bientôt en brièveté les sketches les plus concentrés et de toute façon disparaîtra sous peu, étouffé par les 600.000 mètres qu’a tournés Griffith, noyé dans les 120.000.000 de mètres projetés chaque soir, dans l’univers !

Pour en savoir plus :

La filmographie de Marcel L’Herbier sur le site de la revue 1895.

Cinémagazine 21.01.1921

Cinémagazine 21.01.1921

Source : Ciné-Ressources / La Cinémathèque Française

 

 

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