Notice biographique de Mireille Balin (Pour Vous 1935)


C’est dans le numéro 363 daté du 31 octobre 1935 de la revue Pour Vous que l’on trouve cette notice biographique de Mireille Balin.

Elle a été rédigée par Doringe qui avait l’habitude d’en écrire régulièrement dans Pour Vous.

Mireille Balin en 1935 (Pour Vous)

Mireille Balin en 1935 (Pour Vous)

 

Mireille Balin par Doringe

Mireille Balin naquit, d’un père français et d’une mère italienne, à Monte-Carlo, le 20 juillet 1912. Elle habite à Paris, 30, rue Spontini. Elle envoie sa photo quand on la lui demande, mais, à part un légionnaire dont la lettre l’a touchée et qui lui demandait une sorte de « marrainage », elle n’accepte généralement pas de correspondants. Tous ses camarades sont comme elle : il n’y a pas moyen de faire autrement et d’entreprendre du courrier…

Particularités physiques et morales.
— Taille, sans talons, !  1 m. 68. Poids : 52 kilos. Cheveux châtains à reflets roux.  Yeux marron vert.
Caractère très calme : nerveuse mais renfermée ; tout se passe à l’intérieur. Plutôt mélancolique. Aucun sport, ou, plus exactement, fait un peu de tous sans en pratiquer aucun. Plutôt paresseuse, ou, plus exactement, nonchalante, comme ceux qui ont beaucoup de soleil dans le sang, et, comme eux, pas gourmande. Adore sa tranquillité, et la tranquillité en général. Ennemie du bruit, des cris, du vain déplacement d’air. Mais aime les vrais déplacements, les beaux voyages. Part, chaque fois qu’elle le peut, à la recherche du soleil : a vu l’Egypte,
la Palestine, l’Asie Mineure, la Grèce, le Maroc, les Baléares, l’Espagne, le Portugal, et espère du fond du cœur que ce n’est pas fini. Ce qui ne l’empêche d’ailleurs aucunement d’aimer son intérieur, dont elle s’occupe avec compétence et avec goût, où elle passe de longues heures heureuses à lire — elle apprécie notamment Verlaine et nombre de poètes — et elle a entrepris de rechercher et de collectionner les belles éditions. A lire, mais aussi à faire de la musique, car elle a travaillé le piano durant sept années et elle chante de façon délicieuse, comme vous avez pu vous en apercevoir à l’écran. Elle a d’ailleurs enregistré chez Polydor les chansons de Marie des Angoisses.
Aime aussi l’auto et les chiens. Elle possède trois skye terriers (Monsieur, Madame et Bébé), qu’elle emmène toujours dans sa voiture. Il arrive qu’on leur adjoigne deux camarades… et cela fait cinq toutous qui s’entendent fort bien entre eux et avec Mireille Balin. Le skye est d’ailleurs un « clebs » extrêmement affectionné dans le cinéma : Gaby Morlay, Victor Francen, Marcelle Chantal, Harry BaurMireille Balin, et d’autres sans doute possèdent de ces étonnants terriers, décoratifs, farouches et tendres.

Sa vie.
— De neuf à seize ans, Mireille est en pension. Jusqu’à douze, c’est un modèle ! Une élève appliquée, sage et docile… A douze ans, subitement, le diable s’en mêle, et jusqu’à seize ans elle est exactement intenable, déchirant tout, sautant et courant comme un garçon, manifestant pour « les belles robes » une horreur incoercible, coupant ses bas pour en faire des chaussettes, ne travaillant bien que quand on l’avait humiliée en public et qu’en lui avait fait copieusement honte. Elle continue à travailler sa musique, mais c’est bien parce qu’elle aime ça ! Son père était dans les affaires et la situation familiale se trouvait alors suffisante pour que Mireille ne songeât point à un métier. Les temps changèrent ; on s’en aperçut à son foyer comme partout, vers l’an de difficultés 1929 — et la jeune fille se fit mannequin. Elle posa aussi pour des cartes postales (beaucoup sont dans ce cas, qui n’ont point la simplicité de le dire) et — car il fallait vivre — pour des affiches et des clichés de publicité. Notamment pour du savon et des machines à écrire.
Un jour, au restaurant, un ami montre à Jean de Limur ce visage anonyme et magnifique paru dans Paris-Magazine. Limur, à Nice, la montre à Pabst, qui lui dit : « Découvrez-la… et si elle est vraiment comme sa photo, faites-la venir ! » Sur quoi Mireille risque tout et se voue…

Au cinéma.
— Débuts avec Pabst dans Don Quichotte. Vient ensuite Le Sexe faible avec Victor Boucher ; puis, Vive la compagnie ! avec Noël-Noël, et On a trouvé une femme nue. Après quoi, le triomphal succès de Richard Pottier, Si j’étais le patron, où Mireille Balin est la partenaire de Fernand Gravey, et enfin Marie des Angoisses. Elle va commencer dans peu de jours, Le
Roman d’un spahi.

Cette notice ayant écrite en 1935 elle ne prend pas en compte la belle carrière qu’elle aura par la suite, notamment l’année d’après dans Pépé le Moko de Julien Duvivier et dans Gueule d’amour de Jean Gremillon où elle retrouvera Jean Gabin en 1937.

Malheureusement sa fin sera tragique comme vous l’apprendra le site qui lui est consacré : mireillebalin.free.fr.
Vous pouvez consulter aussi cette page de l’Encinémathèque.

 

L'article sur Mireille Balin (Pour Vous 1935)

L’article sur Mireille Balin (Pour Vous 1935)

 

Source : Bibliothèque numérique de la Cinémathèque de Toulouse

 

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